Le Blog de l'Esterel

C'est en parvenant à nos fins par l'effort, en étant prêt à faire le sacrifice de profits immédiats en faveur du bien-être d'autrui à long terme, que nous parviendrons au bonheur caractérisé par la paix et le contentement authentique

12 mai 2008

Mimosa sauvage II

 

L'ONF lance l'offensive contre le mimosa « sauvage »

 Francois Polvérini, spécialiste botanique et président du Syndicat d'initiative d'Agay, pointe du doigt cette variété d'acacia, très gourmande en eau, qui colonise la forêt méditerranéenne en appauvrissant la flore et la faune.  :

Francois Polvérini, spécialiste botanique et président du Syndicat d'initiative d'Agay, pointe du doigt cette variété d'acacia, très gourmande en eau, qui colonise la forêt méditerranéenne en appauvrissant la flore et la faune. :

A le contempler avec ses branches chargées de petites boules jaunes, si délicates et odorantes au coeur de l'hiver, donnant aux collines de notre littoral cette couleur de carte postale si typique de la Côte d'Azur, qui pourrait se douter que le mimosa peut être un redoutable ennemi de la forêt méditerranéenne ?

C'est pourtant le constat fait par l'Office national des forêts (ONF), qui a entrepris des travaux sylvicoles pour tenter de l'éradiquer des forêts dont il a la gestion. L'ONF a deux griefs contre le mimosa. D'abord, il colonise la forêt naturelle en l'appauvrissant. Ensuite, il constitue un facteur aggravant des risques d'incendie de forêt.

Sous cette plante, rien ne pousse

Originaire d'Australie et de Tasmanie, cette variété d'acacia a été introduite en 1864 à Cannes, puis en 1875 dans le massif de l'Estérel, avant de se répandre sur le littoral varois. Utilisé en horticulture et en parfumerie, le mimosa est au coeur d'une activité économique importante dans le massif du Tanneron, où il est cultivé sur 350 ha dans une soixantaine d'exploitations. Il est exporté à 80 % vers les Pays-Bas, les Etats-Unis et le Canada

Le problème, c'est qu'il a tendance à disséminer, et pas toujours dans les endroits qui lui conviennent le mieux, selon Laurent Marsol, ingénieur à l'ONF du Var.

« Le mimosa a sa place dans un jardin ou dans un parc urbain où l'on peut maîtriser son développement, mais pas dans le milieu naturel. »

Un gros buveur

Contrairement aux idées reçues, le mimosa « sauvage » qui envahit les collines azuréennes est de la même espèce que le mimosa de culture : acacia dealbata. C'est une plante buissonnante très résistante, qui ne craint pas le gel jusqu'à -10°C.

« Sa propension invasive induit la pauvreté de l'écosystème, car rien ne pousse sous cette plante, où la faune ne trouve rien pour se nourrir. »

Quant au risque d'incendie, on a vu l'été dernier, lors du feu parti du bord de l'autoroute A8, aux Adrets, et qui a couru jusqu'au port de la Rague, à Mandelieu, comment le mimosa pouvait y contribuer.

Plus loin de nous, le nom du Tanneron reste associé à l'incendie dans lequel ont péri l'épouse et les quatre enfants de l'écrivain Martin Gray, le 3 octobre 1970, ainsi qu'à celui de 1985 qui avait coûté la vie à quatre pompiers.

« C'est une espèce qui épuise les sols en pompant énormément d'eau, notamment dans les combes et les vallons, souligne Laurent Marsol. De plus, le mimosa sèche facilement quand il a subi le gel où les fortes sécheresses que nous connaissons depuis 2003. Enfin, il dégage en été beaucoup d'essences inflammables. »

100 000 euros par an

L'ONF a donc entrepris de limiter la progression du mimosa dans les réserves biologiques et les forêts domaniales des Maures et de l'Estérel. Aussi bien dans le Var que les Alpes-Maritimes, 100 000 euros sont consacrés chaque année à ce vaste chantier.

Des travaux sont conduits en ce moment au cap Roux (dans l'Estérel), ainsi qu'au cap Lardier (à Ramatuelle). La technique utilisée consiste à éliminer les drageons pour ne conserver qu'un seul arbre, qui sera ensuite éliminé.

« De cette façon, on peut appauvrir la souche, qui va perdre sa capacité de rejet. Ensuite, on pourra reboiser le terrain gagné avec des espèces indigènes : pins pignons, chênes verts, lauriers sauce et caroubiers. »

Il va sans dire que l'ONF déconseille de planter ou propager le mimosa en milieu naturel.

G. D.

Var-Matin


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09 mai 2008

Le mimosa menace l'écosystème de l'Estérel

Le Figaro | Isabelle Brisson | 18/04/2008 |

(DR)
(DR)

  • Le mimosa des jardins envahit le massif de l'Estérel, ce qui amène à créer de nouvelles réserves biologiques pour l'observer et le contrôler.

    «Acacia dealbata», le mimosa, est devenu envahissant dans le massif de l'Estérel. Cette plante qui est à l'origine de nombreuses festivités au début de l'année sur la Côte d'Azur est aujourd'hui indésirable dans la nature, alors qu'elle a été importée d'Australie à la fin du XIXe siècle pour orner nos jardins.

    Afin d'essayer de contrôler sa progression dans le massif de l'Estérel, qui comprenait déjà trois réserves biologiques d'un total de 490 hectares, l'Office national des forêts (ONF) et la marque d'hygiène beauté Ushuaïa vont créer une réserve biologique supplémentaire de 800 hectares qui devrait être officialisée avant la fin 2009. Cela permettra en outre d'observer et de conserver la biodiversité de ce massif déjà protégé, mais fragilisé par la grande fréquentation humaine et les nombreux feux de forêt. Après un feu, il faut attendre une dizaine d'années pour que la végétation reprenne ses droits, un peu plus longtemps pour que les arbres repoussent. Quand le mimosa est sec, il favorise le feu. «Ici après l'incendie de 1987 c'était la Lune», témoigne Bernard Vietta de l'ONF. «Maintenant presque tout a repoussé en dépit des nombreux autres sinistres.»

    Paradoxalement, le feu permet une germination en masse des graines du mimosa restées en latence dans le sol, ce qui constitue un véritable cercle vicieux pour la dissémination de cette plante qui se propage déjà facilement par le vent et le ruissellement.

    De nombreuses coulées de mimosa visibles dans les fonds de vallons risquent de chasser la flore exceptionnelle de ce massif volcanique formé de forêts et de maquis et d'où émergent de surprenantes roches rouge orangé. Il y a au moins douze espèces d'orchidées sauvages dont trois Serapia sont protégées : les paviflora, neglecta et cordigera; plus trente-six plantes aromatiques, dont l'ail de Sicile, des plantes rares comme l'osmonde royale, une belle fougère à fleur blanche qui pousse également dans les fonds de vallons.

    Le mimosa est une plante buissonnante très résistante. Elle aime la chaleur, mais supporte aussi le gel jusqu'à moins 8°. L'éradiquer n'est pas possible parce qu'il colonise rapidement par voie végétative. «Sur 100 m2, on peut le contrôler, sinon c'est impossible», témoigne Laurent Marsol de l'agence ONF du Var.

    La biodiversité du massif menacée

    Pour ce faire, il faut couper les drageons en n'en laissant subsister qu'un seul qui deviendra un «tire-sève». Ainsi les racines des autres drageons s'étiolent. Reste à planter d'autres arbres à côté. En poussant, ils couperont le soleil au mimosa, qui en a besoin et, en principe, disparaîtra.

    «Ce type d'invasion compte parmi les plus dommageables pour la Côte d'Azur», confirme Frédéric Médail, professeur en écologie. La plante est à l'origine d'une diminution de la biodiversité. Des études ont montré que l'on trouve environ 24 espèces différentes dans les plantations de chêne-liège alors qu'on en relève seulement 10 dans les endroits où pousse le mimosa. Celui-ci forme un taillis impénétrable avec des arbres qui font 2 à 3 mètres de racines par an et colonisent rapidement les sols. En outre, ils l'acidifient quand la litière de feuilles se dépose sur le sol. Il s'agit bien d'une plante envahissante qui modifie toute la structure et la dynamique de l'écosystème. Et le changement climatique devrait amplifier le phénomène.

    Mais quand on passe en février dans l'Estérel, les mimosas sont en fleur. C'est beau et ça sent bon, les espèces envahissantes savent se montrer séduisantes.

    «Actuellement, il a été recensé une quarantaine de ces espèces en France, mais il n'existe pas de réglementation, excepté pour la jussie», explique Eric Joly, directeur du Jardin des Plantes à Paris. Cette plante étouffe notamment toute vie sous-marine dans les points d'eau qu'elle colonise.


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AutarcieS

Focus sur un site à visiter :

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L'indépendance durable

Sommaire
10 dispositions à prendre...
1-La terre et la pierre
2-L'eau (traitement stockage)
3-L'alimentation - Le jardin
4-L'énergie
5-La prévoyance
6-Les compétences
7-La philosophie
8-Les outils
9-Les moyens
10-Les échanges
voir aussi :

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08 mai 2008

Dessin de Mix et Remix

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extrait du site L'Hebdo

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Rétention de Sûreté : Une peine infinie

Appel pour l'abolition de la loi sur la rétention de sûreté

Huit intervenants, praticiens, militants et chercheurs prennent ici la parole pour déconstruire méticuleusement ce populisme pénal prôné par le chef de l’Etat, qui a dicté l’adoption de la loi sur la Rétention de sûreté, et le populisme constitutionnel qui veut l’appliquer par-delà les principes supérieurs de notre droit.

Chapitre I

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Chapitre II

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Chapitre III

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Chapitre IV

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Réalisé par Thomas Lacoste

possibilité de commander le DVD sur le site " l'autre campagne "

Lire l'appel du 20 mars 2008

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visitez aussi : http://www.contrelaretentiondesurete.fr


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07 mai 2008

Matthieu Ricard : "Après les JO, ce sera fichu, on ne parlera plus du Tibet"

Matthieu Ricard : "Après les JO, ce sera fichu, on ne parlera plus du Tibet"

Publié le mercredi 16 avril 2008 à 14h30 | LE MONDE BOUGE | Tags : dalaï lama     tibet     jeux olympiqueschine    

Il aurait pu être généticien… mais il a préféré s'exiler sur les hauteurs de l'Himalaya, où il médite et se bat pour l'autonomie du Tibet. Ce proche du dalaï-lama (il traduit ses propos en français) raconte la répression chinoise et la résistance d'une culture obstinément pacifique. A écouter, dans quelques minutes, la suite de cet entretien.

Léa Crespi pour Télérama

Extraordinaire destin que celui-là. Fils d'un philosophe (Jean-François Revel) et d'une artiste peintre (Yahne Le Toumelin), Matthieu Ricard, né en 1946, est tombé amoureux des contreforts de l'Himalaya à la fin des années 60. Quittant Paris et une première vie de scientifique à l'Institut Pasteur (spécialisé en génétique cellulaire !), il part vivre au Népal et au Bhoutan, où il étudie le bouddhisme tibétain auprès de deux grands maîtres spirituels. Il devient moine en 1979.

En 1980, son maître Dilgo Khyentsé Rinpoché lui permet de rencontrer le dalaï-lama, alors âgé de 45 ans. Neuf ans plus tard, celui-ci l'invite à devenir son traducteur en français. Depuis, Matthieu Ricard sillonne la planète dans l'entourage du plus haut chef spirituel du Tibet. Il consacre le reste de son temps à son monastère au Népal, camp de base de toutes ses aventures : photographe (il est l'auteur de plusieurs ouvrages), animateur de projets humanitaires, il poursuit aussi un important travail scientifique sur l'influence de l'entraînement de l'esprit - via la méditation – sur la santé du cerveau. Ce fin connaisseur de la cause tibétaine et intime du dalaï-lama se trouvait au Népal lorsque, dès le 10 mars, des manifestants se soulèvent, à Lhassa et dans plusieurs provinces tibétaines, contre l'occupation chinoise.

Comment avez-vous vécu les événements de mars ?
D'aussi près qu'on peut l'être depuis que les journalistes ont été contraints de quitter Lhassa, c'est-à-dire à travers le récit des témoins. Au Népal, dans le monastère où je vis, chaque jour, des gens qui ont de la famille au Tibet reçoivent des coups de fil les informant de ce qui se passe. Untel apprend qu'un cousin a été tué, ou qu'on est sans nouvelles de son frère depuis trois jours. Ces familles téléphonent clandestinement. En quelques secondes, au prix d'un grand danger, elles appellent leurs proches en exil, car c'est la seule façon de relater la réalité des événements. Nous avons chez nous un tailleur qui m'a dit que six membres de sa famille avaient été arrêtés à Lhassa. Et depuis, aucune nouvelle ! Que vous voulez de plus direct que ce type de témoignage, quand on connaît intimement les gens qui sont touchés, et qu'ils vous confient ça uniquement parce qu'ils vous font confiance ?

Ces témoignages sont les seuls qui existent désormais ?
Oui, depuis que James Miles, de la BBC, le dernier journaliste sur place, est parti le 16 mars. On sait que deux jours plus tôt, dans le quartier du Barkhor, des Tibétains ont effectivement brûlé des boutiques, on a tous vu ces images tournées par la télé chinoise - sans qu'on soit certain que tous les « casseurs » étaient de vrais moines. Mais on n'a rien vu de ce qui se passait un peu plus loin au même moment : la police chinoise qui tirait sur la foule dans les quartiers de Karma Gonsar et Drapchi, alors que les chars bloquaient les issues. De cela, il n'y a pas eu d'image - ou, s'il y en a eu, nous ne les verrons peut-être jamais. Et les journalistes encore présents le 14 n'ont pas vu grand-chose, ils étaient confinés dans leur hôtel et regardaient de la fenêtre.

Finalement, vous avez suivi les événements comme en direct ?
Oui, les nouvelles tombant à raison de trois appels par jour. La police vient d'entrer dans tel quartier. Elle fouille les maisons. On emmène les gens dans les camions, on ne sait pas où ils vont. A la radio, j'entendais les Chinois dire qu'aucun coup de feu n'avait été tiré ; mais de notre côté, la liste des décès ne cessait de se noircir. A date du 4 avril, nous avons compté plus de cent cinquante morts. Et qu'on ne vienne pas nous dire que nous faisons de la propagande : sur ces cent cinquante morts, nous avons les noms de quatre-vingt-dix, et, croyez-moi, ils ne sont pas morts en mangeant des croissants... Le gouvernement tibétain en exil est très scrupuleux sur la qualité des informations qu'il fournit, il ne gonfle pas les chiffres, il n'en a hélas pas besoin. Comme le dit souvent le dalaï-lama : notre force, c'est la force de la vérité. Sinon, nous n'en avons aucune.

Et ces derniers jours (premiers jours d'avril), quelles sont les informations que vous recevez ?
On parle de plusieurs milliers d'arrestations. L'ensemble de Lhassa est sous surveillance vidéo depuis des années, alors l'armée chinoise a visionné les images, et avec les responsables locaux de la police, elle a identifié les manifestants. Le tout après avoir imposé le couvre-feu le plus strict qui soit. L'autre jour, à Katmandou, un journaliste français me demandait de l'aide pour entrer au Tibet en cachette. Il disait : « Mais si, ce doit être possible ! On peut entrer en Afghanistan, en Irak, alors pourquoi pas au Tibet ? » Nous lui avons expliqué qu'il ne se rendait absolument pas compte ! A Lhassa, aujourd'hui, un étranger ne fait pas 3 mètres ! Et un Tibétain doit avoir un laissez-passer du policier qui tient son secteur pour faire ses courses 300 mètres plus loin. Il n'y a plus une voiture civile ou un autobus circulant entre Lhassa et les villes voisines : il n'y a que les véhicules militaires sur les routes. Le dernier Français qui est sorti, un touriste, a passé quinze postes de contrôle ! Puis le blocus a été décrété. En temps « normal », même si la police est partout et n'hésite pas à tirer aux frontières, on compte deux mille réfugiés tibétains par an. Il y a un centre d'accueil à Katmandou, qui est toujours plein – on y passe quelques jours pour remplir des formalités avant de rejoindre l'Inde. Or, ce centre, ces jours-ci, est vide ! Tout est vissé à triple tour. La seule source d'information, ce sont ces coups de téléphone. Certains ont été diffusés par Radio Free Asia. Mais nous avons aussi des informations qui n'ont été relayées par personne. Comme ce qui s'est passé à Ganzé, dans la province chinoise du Sichuan, où les Tibétains sont nombreux. Il y avait là un chef de village qui a pris la tête d'une marche pacifique de quatre cents personnes. Pas de banderole, pas de slogan. Mais, même ainsi, silencieusement, il faut un sacré culot ! Ils ont été stoppés par l'armée et ont répondu : « On ne fait rien de mal, on marche, c'est tout. » L'armée les a bloqués à nouveau, et leur convoi a été dévié vers un camp militaire, auquel ils ont alors décidé de mettre le feu. L'armée a tiré, et ce chef et quatre personnes ont été tués. Et ça, personne n'en a parlé ! On l'a appris par un coup de fil de la nièce de ce chef, qui nous demandait de faire des prières pour lui et ses amis. Le 3 avril, à nouveau à Ganze, sept cents personnes se sont rassemblées devant le siège du gouvernement local, demandant la libération de deux détenus. Pendant vingt minutes, la police a sommé la foule de se disperser, puis, comme elle refusait d'obtempérer, a ouvert le feu, tuant quinze personnes, dont six femmes, un enfant et trois moines.

Pékin a prétendu que toutes ces manifestations avaient été coordonnées par le dalaï-lama et « sa clique »...
C'est d'une absurdité ! Le 10 mars, c'est le jour anniversaire du soulèvement de Lhassa contre les Chinois [en 1959, NDLR]. Personne au Tibet n'a besoin qu'on le lui rappelle ! Il y a eu, comme chaque année, des manifestations un peu partout. Sans doute plus intenses du fait des jeux Olympiques. On m'a ainsi raconté qu'un homme de l'Amdo, un grand costaud qui avait décidé de porter un drapeau tibétain sur ses épaules - l'insulte ultime pour les autorités chinoises -, s'est mis à parader dans la rue. Les policiers l'ont attrapé, il s'est échappé. Ils l'ont pris à nouveau, quelques moines se sont mis à manifester, et là, ça a dégénéré... Vous rendez-vous compte de la force qu'il faut pour aller défier ainsi les autorités chinoises ? S'enrouler dans le drapeau, c'est un acte kamikaze. Le type se dit : « Je suis prêt à passer quinze ans en prison. » Il le fait en conscience, il se dit : « On en a marre de tant d'oppression, alors je proteste, même si je risque quinze ans de prison... » Et, croyez-moi, les quinze ans de prison, au Tibet, vous les faites jusqu'au dernier jour.

Et ce genre de geste de défiance peut faire que tout s'embrase ?
Oui, parce que la population tibétaine, pourtant si pacifique, est exaspérée. Il y a, en toile de fond, cinquante ans d'oppression. Et avec cette colonisation, tout le monde, jeune ou vieux, est à bout ! Il y a aussi, depuis peu, un appauvrissement de la population, car les Chinois, qui arrivent à raison de deux mille par jour par la liaison directe en train Pékin-Lhassa, prennent tous les boulots qualifiés - mécano, maçon, menuisier. Les Tibétains se retrouvent marginalisés. Alors oui, ça a éclaté cette fois-ci !

Dans votre monastère, arrivez-vous, en des temps comme ceux-là, à vivre normalement, à poursuivre votre travail, la méditation ?
Pourquoi pas ? Il faut savoir se rendre disponible et utile, mais ça n'empêche pas de méditer. A quoi ça servirait d'ajouter, aux difficultés terribles des Tibétains, des difficultés fabriquées par le stress ou la peur ? Le dalaï-lama emploie toujours cette formule, tirée d'un enseignement célèbre : « S'il y a une solution, ça ne sert à rien de s'inquiéter : appliquons-la. Et s'il n'y a pas de solution, s'inquiéter ne fait que rajouter à nos tourments. » Dans le milieu tibétain, tout le monde est très sensible, touché et concerné. Mais c'est comme si on était témoin d'une épidémie de haine, d'avidité, de cupidité. C'est inutile d'attraper soi-même la maladie.

Comment définissez-vous votre rôle auprès du dalaï-lama ?
Je n'ai aucun rôle officiel. J'ai juste la joie et la grande fortune de lui prêter ma voix et ma langue natale lors de ses déplacements dans les pays francophones. Mais je ne suis pas une éminence grise, et je n'ai pas de téléphone rouge pour le joindre en quelques minutes ! Quand je l'accompagne en voyage, je passe un peu de temps avec lui, mais rarement plus de quinze minutes à la fois. Il me fait parfois appeler et me demande de lui raconter ce que je fais, mes projets humanitaires par exemple. Il me dit : « Alors, qu'est-ce qui se passe ? », et on discute un moment.

Le reste du temps, comment s'organise votre quotidien ?
Au Népal, mon temps se partage entre le monastère et un petit ermitage dans la montagne, à deux heures de marche. En bas, c'est du travail sept jours sur sept, de 7 heures à minuit. Là-haut, dans l'ermitage, c'est l'espace de la méditation. J'y ai passé quarante-cinq jours de retraite cet hiver. Sans e-mails, sans téléphone portable - il y en a un 300 mètres plus bas, en cas d'urgence -, et par 0 oC, sans chauffage... Pour moi, c'est la vraie vie. En mars, j'y suis remonté un peu, mais cette fois j'avais pris mon portable. Vous imaginez le paradoxal de la situation : vous êtes là dans une sérénité extérieure totale, avec vue sur l'Annapurna, et, en même temps, vous avez ce téléphone qui vous relie au Tibet, mais aussi à des journalistes ou à des hommes politiques français, à qui il peut m'arriver de parler.

A quoi ressemble la vie du gouvernement tibétain en exil, à Dharamsala ?
A celle de bien des pays, avec un système de démocratie reposant sur un Parlement élu, un Premier ministre, des ministres en charge des grands dossiers – sauf la Défense, ce poste n'existant pas. Le dalaï-lama est un démocrate ; et la Constitution qu'il a voulue – elle a été rédigée avec des experts internationaux il y a une quinzaine d'années - repose sur la séparation entre la religion et l'Etat. Il y a quarante députés, élus par la communauté en exil. Ce sont, pour la majeure partie, des laïcs, de même que les ministres. Le dalaï-lama, lui, est le porte-parole de six millions de Tibétains au niveau du monde. Il est prêt à conseiller, à inspirer, mais les décisions quotidiennes sont prises par les élus. Il insiste sur cette part de modestie dans son rôle, et dit souvent qu'il est disposé à s'en défaire si sa philosophie d'action, la non-violence et le dialogue, n'est plus partagée par la majorité. Autrement dit, si d'autres arrivent à convaincre la majorité des Tibétains que la non-violence et le dialogue ne sont plus pertinents, alors il se mettra en retrait.

A la lumière des événements de mars, sa position par rapport aux JO a-t-elle évolué ?
Le dalaï-lama ne veut pas d'un boycott. Pour lui, les JO sont une opportunité pour la Chine de s'ouvrir au monde et il ne faut pas isoler la Chine. Personnellement, je pense que l'idée d'une action forte pendant la cérémonie d'ouverture est la bonne, de même qu'il faut exiger qu'un dialogue sérieux et honnête entre le dalaï-lama et Pékin puisse être instauré avant les Jeux.

Plus largement, considère-t-il que ses demandes à la Chine - l'autonomie du Tibet, et non pas son indépendance, et le respect des valeurs du peuple tibétain - sont toujours pertinentes ? Il semble bien que la rue demande plus qu'une simple « autonomie ». Ne se sent-il pas débordé ?
Le dalaï-lama insiste toujours sur le besoin de pragmatisme. Pour le peuple tibétain, la question est simple : que peut-il espérer ? l'indépendance ? Les Tibétains n'ont guère de chances de l'obtenir. La Chine a trop besoin du Tibet. Stratégiquement et économiquement, le Tibet est un enjeu majeur. Pékin vole au Tibet son uranium, son lithium – sans parler des deux cent cinquante autres minerais présents dans le sous-sol –, et mise énormément sur le potentiel hydro-électrique de toute la région, le plus important au monde. Le Tibet, c'est sept fois la France et un tiers de la Chine, avec 2 000 kilomètres de frontières avec l'Inde. C'est aussi un territoire qui comptait 40 % de forêts, une richesse déjà amputée de près de sa moitié - et tout ce bois est parti en Chine. Et vous savez ce qui se passe aujourd'hui ? A cause des inondations en aval, côté chinois, les Tibétains, qui ont déjà été spoliés de leurs forêts, n'ont même plus le droit de couper un arbre près de chez eux.

Mais cela doit vous révolter ? Pourquoi alors ne pas demander plus qu'une autonomie ?
Parce que ce n'est pas réaliste ! Le dalaï-lama se fonde sur des paroles de Deng Xiaoping, qui a dit, voici trente ans : « On peut discuter de tout, sauf de l'indépendance. » Alors Sa Sainteté dit : « D'accord, je renonce à l'indépendance, mais parlons d'autonomie et de respect de notre culture et de nos valeurs. » On peut penser que dans le fond de leur coeur les Tibétains voudraient bien l'indépendance, mais ils soutiennent le pragmatisme raisonnable du dalaï-lama. Car si les relations avec la Chine étaient plus harmonieuses, cela pourrait être bénéfique pour les Tibétains, notamment en matière de commerce et de santé. Le combat tibétain n'est pas un combat nationaliste, mais un combat pour protéger une culture.

Mais la Chine, elle, impose ses dogmes et écrase cette culture ! A Lhassa, la ville tibétaine disparaît sous les néons des karaokés...
Oui, on peut penser qu'il se passe la même chose qu'en Amérique du Nord pour les tribus d'Indiens. A Lhassa, les Chinois, qui sont maintenant majoritaires, imposent leurs moeurs, l'alcool, les karaokés, les bordels. Savez-vous qu'il y a plus de prostituées par habitant que dans n'importe quelle autre ville chinoise ? Il y a trois cent cinquante bordels à Lhassa ! On peut dire que la modernité a du bon, bien sûr, quand il s'agit par exemple des cafés Internet, mais quand on y va, que voit-on ? Des gamins qui jouent en réseau du matin au soir à des jeux de guerre. Pour un prix ridicule, ils ont droit à leurs cinq heures de mitraillette. Ou alors à du « chat » on line avec des copines virtuelles en Chine. Et c'est à peu près tout pour Internet, l'accès aux sites non chinois étant largement bloqué.

Parlez-nous de la culture tibétaine, tout ce savoir et ces traditions auxquels s'attaquent les autorités chinoises.
Cette culture, on la trouve encore dans les campagnes, moins atteintes par la sinisation. Tout ce qui a trait aux croyances n'est pas attaqué, il faut reconnaître que le pouvoir chinois préserve plutôt la liberté religieuse ; et à la faveur d'un relâchement récent, on peut à nouveau voir des fêtes populaires avec de la musique, des danses, des chevaux, des tenues traditionnelles. Par contre, tout ce qui est au coeur de la culture, en particulier le monde de l'écrit, est pris pour cible : les jeunes Tibétains courageux qui publient des revues, avec des poèmes, des nouvelles, tout ce qui peut constituer un effort de reconstruction d'une identité tibétaine littéraire, ceux-là sont systématiquement harcelés. Idem pour les rares cinéastes qui essaieraient, les téméraires, de faire un film engagé. C'est l'assurance d'avoir des ennuis très sérieux. Pour les autorités, un bon Tibétain doit être un bon Chinois ! En somme, tout ce qui est anodin est toléré – une fête à cheval, ça passe –, mais tout ce qui porte une pensée tibétaine est attaqué. D'ailleurs, c'est au Népal et à Dharamsala, en Inde, que nous conservons les traces de cette pensée, de cette culture, en archivant des milliers de livres et de documents... Et puis il y a une guerre contre la langue elle-même. Le tibétain est réduit à l'état de seconde langue. Les fonctionnaires, même s'ils sont entre Tibétains, doivent parler chinois. Et ils doivent adopter les moeurs chinoises, boire de l'alcool de manière ostensible et fumer à longueur de journée. Si on ne fume pas comme un pompier, on est suspecté d'être un opposant à la Chine ! Il faut aussi être vêtu à la chinoise, en gris et noir, alors que les Tibétains ont toujours adoré les couleurs, jusqu'à peindre leurs maisons en rouge et jaune... Ensuite, le soir, tout le monde regarde la télé chinoise, avec ses téléfilms débiles et archi tapageurs. Ou alors on va dans les karaokés brailler des chansons chinoises très bas de gamme... Et puis, plus grave encore, les jeunes Tibétains, même les plus doués, ne peuvent pas accéder à l'éducation supérieure, trop chère pour eux. Cela veut dire : pas de médecins tibétains, pas d'ingénieurs des forêts ou des ponts et chaussées ! On est donc obligés de se reposer sur les Chinois pour tout faire. Alors, avec un groupe d'amis, nous lançons des projets d'éducation et de santé dans des régions défavorisées, chez les nomades par exemple. Pour qu'une élite tibétaine ait à nouveau la chance d'émerger. Et le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala consacre 30 % de son budget à l'éducation.

Comment financez-vous vos projets humanitaires ?
Je reverse les droits d'auteur de mes livres aux oeuvres pour lesquelles je milite. Et puis nous avons de généreux bienfaiteurs, aux quatre coins de la planète. A ce jour, nous comptons seize cliniques et douze écoles. Nous construisons aussi des ponts et des puits artésiens. Nous travaillons en Inde, au Népal, au Tibet, un peu au Bhoutan. Nous traitons cent mille patients par an et avons mille cinq cents enfants dans nos écoles.

Qu'espérez-vous des prochains mois ?
Que le dialogue avec le dalaï-lama soit accepté des Chinois. Rapidement ! Car si ça ne se passe pas avant les jeux Olympiques, ce sera fichu, on ne parlera plus du Tibet... Ce qui me rend triste, c'est de voir que le combat pacifique du dalaï-lama n'a encore rien donné de concret. Si c'était le cas, ce serait un exemple pour tous les pays du monde, tous les peuples en lutte, en Palestine et ailleurs : regardez, on peut obtenir beaucoup par la patience et la non-violence ! D'une certaine façon, ceux qui ne soutiennent pas plus vigoureusement notre cause plaident pour le recours à la violence Propos recueillis par Emmanuel Tellier

Emmanuel Tellier

A LIRE :

“Le Tibet sacrifié”, de Claude Arpi (Calmann-Lévy, 2000).

“Tibet, La question qui dérange”, de Claude B. Levenson (Albin Michel, janvier 2008).

Plus d'infos sur ses projets humanitaires : www.karuna-fr.org

Extraits audio inédits de l'entretien sur www.telerama.fr

Matthieu Ricard en dit plus…

Publié le mercredi 16 avril 2008 à 14h34        | LE MONDE BOUGE | Tags : dalaï lama     tibet

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Cette longue interview a été réalisée en Italie, à Naples. En marge de ses propos sur la situation au Tibet et ce que le dalaï-lama qualifie de “génocide culturel", le moine français nous a aussi parlé de :        

               

               

                               


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06 mai 2008

Eoliennes au Sénépy : MW France prend position

lu sur : Mountain Wilderness France

La société Boralex prévoit l'implantation d'une série d'éoliennes sur les crêtes du Sénépy, sommet que le site Internet "Sud Grenoblois tourisme" identifie ainsi dans sa rubrique "Découverte de la nature - le relief" : "Culminant à 1769 m, le Senépy se situe dans le prolongement de la montagne du Connex. Son échine formée d’un ensemble de collines rondes recouvertes de pâturage s’étend jusqu’à la Mure. On peut y pratiquer la raquette, notamment au départ des Signaraux.
Face au Senépy, voici la fameuse Pierre Percée située sur les hauteurs de La Motte d’Aveillans. Cette roche à la forme particulière, évoquant un diable agenouillé face contre terre, a alimenté une légende locale. Elle est l’une des sept merveilles du Dauphiné."

Concernée par ce projet d'aménagement prévu sur un sommet visible d'une bonne partie du Sud Isère, du Trièves et de la Matheysine en particulier, mais également depuis la Pierre Percée, MW France a pris une position défavorable à ce projet d'améngement, justifiée par les arguments présentés dans le texte ci-dessous.


Projet Boralex de ferme éolienne au Sénépy (Matheysine, Isère)

Avis de Mountain Wilderness France

lundi 31 mars 2008

MOUNTAIN WILDERNESS France (MW France) a été tardivement informée par plusieurs associations environnementalistes d’un projet avancé de réalisation d’une ferme de sept éoliennes sur les crêtes du Sénépy en Matheysine.

MW France n’a pas vocation statutaire à prendre position sur la politique d’approvisionnement énergétique du pays et, en l’occurrence, sur la pertinence du recours à l’énergie éolienne pour la production d’électricité. Cependant elle entend apporter sa contribution au débat dans la mesure où un tel projet s’inscrit dans un territoire et des paysages de montagne au cœur de son champ d’activités.

L’épuisement programmé des ressources fossiles et l’augmentation dramatique des taux de GES (gaz à effet de serre) dans l’atmosphère terrestre exigent en première urgence un recours massif aux économies d’énergie notamment dans les domaines énergivores du bâtiment, des transports du fret et des déplacements individuels et collectifs en même temps qu’une diversification résolument ciblée des sources d’approvisionnement énergétique les moins polluantes.

Très vigilante quant à toutes les formes d’équipement et de marchandisation de la montagne, MW France n’a de cesse d’en appeler à une meilleure prise en compte des paramètres environnementaux dans l’étude de tout aménagement et d’affirmer que, moins que jamais, les retombées économiques d’un projet ne peuvent suffire à le justifier. En particulier, et quel que soit l'intérêt de plus en plus évident de développer la part des énergies renouvelables, en sus des indispensables économies d'énergie, il est essentiel de préserver des espaces naturels de grande qualité, car ils sont une composante de paysages de montagne attractifs et précieux, porteurs d'émotions indispensables à l'équilibre et au bonheur des visiteurs.

MW France exige donc la présentation préalable d’un « schéma départemental éolien » (SDE) établi en concertation avec les associations précitées et les organismes institutionnels concernés : Parcs, Commissions des sites, Comités de massif. Or MW France est informée de l’intention des constructeurs de profiter de l’absence actuelle de SDE pour étendre leur projet d’équipement aux crêtes voisines du Conest.

MW France a eu dernièrement communication de l’ensemble des réponses apportées par la société Boralex aux questions formulées par les élus et les associations lors d’une réunion locale tenue dans la commune de Prunières le 31 janvier 2008. MW France observe que plusieurs questions parmi les plus pertinentes restent à ce jour sans réponses.

Constatant ainsi que :   

  • le projet en question ne s’inscrit pas dans un SDE préalablement défini,

  • aucune garantie n’est donnée quant à sa stricte limitation dans l’espace et le temps au territoire initialement investi,

  • la pertinence du choix du site retenu n’est pas démontrée,

  • l’étude d’impact du projet n’apporte pas de garanties suffisantes quant à l’impact des voies d’accès et de la fréquentation « touristique » du site dont celle des véhicules motorisés de loisir,

  • l’enterrement de la ligne aérienne THT qui défigure de longue date les crêtes du Sénépy n’est pas évoqué comme mesure compensatoire,

  • aucun engagement écologiquement vertueux n’est à ce jour pris par les communes bénéficiaires du projet quant à l’utilisation des fonds perçus,

  • la responsabilité juridique et les provisionnements destinés à garantir le démantèlement en fin d’exploitation de l’ensemble des installations ne sont pas clairement définis,

  • la participation des associations environnementalistes au Comité de suivi du parc éolien n’est pas assurée,

MW France donne un avis défavorable à ce projet.


A noter : un rassemblement festif est prévu sur les lieu le 6 avril prochain, porté par Paysages de France et les associations locales.
Plus d'infos sur le site de la MNEI.


 

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01 mai 2008

Citation de la semaine

"Je ne vote pas... Je trouve que c'est un devoir civique de ne pas voter... Enfin quand on a les choix qu'on a actuellement."

Pierre Desproges

PS : merci Patrice !


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29 avril 2008

OGM : demain il sera trop tard ! (WWF)

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Projet de loi OGM: demain il sera trop tard

Le projet de Loi relatif aux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) sera discuté le mercredi 14 mai à l'Assemblée nationale. L'amendement 252, dernier rempart vers une expansion incontrôlable des OGM, a déjà été affaibli au Sénat. Sa teneur risque maintenant de disparaître purement et simplement lors de sa relecture par vos députés. En effet, les semenciers OGM se mobilisent de toutes leurs forces afin de faire croire à nos élus que les OGM sont sans aucun risque pour notre environnement. Malheureusement, personne n'a encore assez de recul pour en être réellement certain, bien au contraire ! Dans le doute et donc le respect d'un principe de précaution, le WWF-France souhaite vivement que de grands territoires soient légalement à l'abri du danger des OGM.
En effet les enjeux sont considérables :

  • - l'agriculture de terroir, les Appelations d'Origine Contrôlées (AOC) ainsi que l'agriculture biologique sont fortement menacées,
  • - la biodiversité (faune et flore) sera directement mise en danger
  • - et surtout vous n'aurez plus la liberté de pouvoir consommer sans OGM !

La filière agricole française constitue actuellement une activité exportatrice reconnue, garante et créatrice d'emploi : il est donc plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour que nos parlementaires fassent le bon choix en protégeant notre agriculture, et ceci afin d'assurer un avenir dans lequel le choix de consommer des produits sans OGM est encore possible.
Sans cette liberté de choix, c'est notre propre liberté de consommateur et d'être humain qui est remise en cause!


cliquez sur cette bannière !        M-o-b-i-l-i-s-e-z vous ...

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28 avril 2008

Sarkozy et les sondages: une seule solution, la cohabitation?

   

Créé 04/28/2008 - 21:23

En chute libre dans les sondages, Nicolas Sarkozy est devenu lundi le président le plus impopulaire de la Ve République.

Nicolas Sarkozy vendredi à Monaco (Eric Gaillard/Reuters)

"Je m'imaginais bien que je ne passerai pas cinq ans à commenter des sondages excellents." Nicolas Sarkozy avait vu juste. Mais sa prévision, confessée jeudi au cours de son interview télévisée, était encore en dessous de la réalité. Ce sont des sondages toujours plus bas qu'il a à affronter depuis plusieurs mois. Les plus bas de l'histoire du baromètre politique!

La dernière étude en date est même la plus catastrophique pour un président de la Ve République depuis la systématisation des sondages d'opinion. D'après le sondage BVA-Orange-L'Express [1] publié ce lundi, 64% des personnes interrogées disent avoir une opinion négative du chef de l'Etat, contre 55% au mois de mars. Jusque-là, le record d'impopularité, depuis la création du baromètre BVA en 1981, était détenu par François Mitterrand en mars 1992. Quelques jours plus tard, le président socialiste congédiait sa très contestée chef du gouvernement, Edith Cresson.

La cote de popularité de Nicolas Sarkozy (DR)

A cette époque, l'impopularité du Premier ministre entraînait la chute dans les sondages du Président. Le premier faisait office de fusible, et le second remontait. Aujourd'hui, le schéma s'est inversé du fait de l'omniprésidence de Nicolas Sarkozy. François Fillon a longtemps résisté à la dégringolade du chef de l'Etat, avant de plonger à son tour au mois d'avril, avec 46% de mauvaises opinions, soit dix point de plus qu'au mois de mars.

Pour remonter dans l'estime des Français, le Premier ministre a opté pour le mea culpa. "J'assume ma part d'erreur", s'est-il exclamé dans une interview [2] accordée ce week-end au JDD. Pas sûr toutefois que la stratégie soit payante. Le Président a usé de la technique jeudi, reconnaissant sa "part de responsabilité" dans le mécontentement grandissant, ce qui n'a convaincu que 36% des Français, selon un autre sondage [3] réalisé le lendemain.

Et la côte de Nicolas Sarkozy ne semble pas prête de repartir à la hausse. Son effondrement trouve sa source dans les principaux soutiens qui l'ont porté à l'Elysée: les sympathisants UMP (75% de bonnes opinions en avril, au lieu de 86% en mars), ainsi que les retraités (55% de mauvaises opinions en avril, alors qu'elles étaient de 45% le mois précédent). L'inquiétude liée aux tensions sociales -notamment le mouvement lycéen, soutenu par 65% des Français- semble donc avoir gagné toutes les couches de la population.

Les cotes de popularité des présidents de la Ve République (DR)

L'Etat de grâce n'aura été que de courte durée pour Nicolas Sarkozy. Les courbes de mauvaises et de bonnes opinions se sont croisées dès le mois de janvier, soit à peine huit mois après son élection. Visite de Kadhafi, rapport Attali, bouleversements conjugaux... Le Président de la "rupture" a décroché. François Mitterrand avait lui "tenu" deux ans après sa première élection, en 1981, puis un peu plus de trois ans après sa réélection en 1988. Quant à Jacques Chirac, il n'aura bénéficié de la bienveillance post-électorale qu'après sa réélection en 2002 -mais pendant deux ans-, le début de son premier mandat ayant été plombé d'entrée par l'opposition à la réforme des retraites initiée par Alain Juppé.

Une solution existe néanmoins à la chute de popularité du Président: la cohabitation. Mise à part l'élection ou la réélection, la seule et unique solution qui a fonctionné depuis 1981 est en effet l'installation d'un Premier ministre issu de l'opposition. Chirac sous Mitterrand en 1986, Balladur sous Mitterrand en 1995 et Jospin sous Chirac en 1997. Trois cohabitations durant la Ve République. Trois remontées dans l'opinion.

Nicolas Sarkozy s'en inspira-t-il? Le cas de figure n'apparaît que très peu probable, particulièrement avec l'instauration du quinquennat. Bien que les tensions entre les deux têtes de l'exécutif se fassent de plus en plus nombreuses, chacun loue publiquement les qualités de l'autre et souligne la complémentarité. Le Président n'entend pas même changer de Premier ministre dans l'immédiat, ni dissoudre l'Assemblée nationale. Au risque de devenir le chef de l'état de disgrâce.   

Liens:
[1] http://www.bva.fr/dossiers.php?dossier=24
[2] http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200817/fillon-fidele-pas-courtisan_113345.html
[3] http://fr.news.yahoo.com/afp/20080425/tpl-gouvernement-politique-sondage-ee974b3_1.html 


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