16 juillet 2008
« Les écotartufes »
Les écotartufes, dossier de Casseurs de pub, sort en kiosque le 15 juillet 2008.
Qui va sauver la planète ?
En tous cas, certainement pas les idées
partageuses des « objecteurs de croissance », ou bien celles de ces
écologistes à l’ancienne mode prônant la sobriété matérielle ! Et
encore moins celles de quelques poètes humanistes révoltés face aux
atteintes à la beauté du monde. Certes, ceux-là nous ont mis en garde
depuis bien longtemps sur la survenue de la crise écologique actuelle,
mais, c’est bien connu, ils veulent nous faire retourner dans les
grottes habillés de peaux de bêtes, nous éclairant aux bougies de
graisse de mammouth (dans le meilleur des cas) ! Non, soyons sérieux,
et réalistes, les personnalités extraordinaires qui vont sauver la
nature, et sans que nous ayons à descendre de nos automobiles, ce sont
Paris Hilton, François Pinault, Miss France, Alain Juppé, Léornado di
Caprio, Luc Besson, Yann Arthus-Bertrand, Jean-Marc Sylvestre ou encore
l’immense philosophe Luc Ferry. Car par ces temps d’effondrement de la
biodiversité, une espèce, e lle, prolifère en suivant la courbe de
l’explosion des cours du pétrole : ce sont les écotartufes. Convertis
de fraîche date à une écologie bien particulière, ils envahissent les
médias dominants. Fini l’écologie à papa ! Ces Adeptes du génial «
développement durable » nous promettent que le sauvetage de la Terre
est d’abord une merveilleuse opportunité de donner un nouveau souffle à
la société de consommation, à la marchandisation du monde, à la
Croissance et à TF1. Ils sont un reflet éclairant de notre merveilleuse
époque.
Découvrez-les dans le dernier dossier de Casseurs de pub, « Les
écotartufes », en kiosque, en France (de Besançon à Tahiti), en
Belgique, au Canada, en Suisse francophones et en Allemagne, à partir
du 15 juillet 2008.
4 euros, 76 pages
http://www.casseursdepub.org/
13 juillet 2008
Nouveau cambriolage chez S. Royal
source : Désirs d'avenir
Chères amies, chers amis,
Le 27 juin dernier, je n'ai pas été victime d'un
cambriolage, j'ai été l'objet d'une volonté délibérée de
déstabilisation. Et ce, à la veille d’un discours politique important,
où je mettais en cause la mainmise du clan Sarkozy sur la France.
Ce ne sont pas des voleurs qui sont venus à mon domicile : on
ne m'a même pas volé une boucle d’oreille ! La police elle-même a
déclaré mercredi 11 juillet qu’il s’agissait d’une « mise
à sac ».
Il fallait que les visiteurs sachent à quelle heure
précise j'allais rentrer à mon domicile, à quelle heure précise il n'y
avait personne dans l'appartement. C'est un travail de professionnel, maîtrisé,
organisé.
Les « visiteurs » ont fouillé mon
domicile. Ils ont trouvé la précédente plainte que j'avais
déposée. Ils l'ont déchirée et ils l'ont laissée bien en
évidence sur un meuble. C’est une mise en scène
préméditée.
C'est la troisième fois que mon domicile est visité.
La première c'était en août 2006, déjà à la veille d'un
discours important, drôle de coïncidence.
Alors, je vous le dit, ce n'est pas d’une affaire personnelle
dont je vous parle. C'est une affaire politique d'une extrême gravité.
C’est un scandale dans une démocratie comme la France. Dans une démocratie on ne
peut pas accepter cela, on ne peut pas le passer sous silence. De même, on ne peut pas
accepter que d’autres responsables politiques - comme Olivier Besancenot - aient fait
l’objet d’une surveillance. Le climat est lourd dans notre démocratie.
Volonté délibérée de
déstabilisation mais volonté de qui ?
J’ai dit qu’il y avait une drôle de
coïncidence, que l’on visite mon domicile à la veille d’un discours
politique important. Deux choses me paraissent scandaleuses : d'abord la
passivité des autorités de l’Etat, ensuite les insultes du Premier ministre et
de l’UMP.
La passivité de l’Etat a été
injustifiable. Vous connaissez un pays démocratique dans lequel le domicile d’un
responsable de l’opposition est mis à sac trois fois ? Cela fait quinze jours que
le pouvoir est parfaitement au courant de ce qui s'est passé. La police est venue et a fait
un travail admirable ; le Procureur est resté jusqu'à 3 heures du matin. Le
ministère de la Justice et le pouvoir sont donc parfaitement au courant. Et il y a eu des
articles de presse dès le lendemain des faits.
Or que se passe-t-il ? Même pas une réaction
officielle, même pas un coup de téléphone, rien. Tout se passe comme si
on voulait nier ce qui s'est passé. Comme si c'était sans importance et sans
gravité. Dans n'importe quelle démocratie, le pouvoir aurait condamné cette
mise à sac avec force.
En moins de deux ans, il y a eu six violations de
domiciles, concernant des membres de mon équipe ou moi-même. Jamais les
coupables n’ont été arrêtés.
Et puis la deuxième chose qui me scandalise, c'est la
réaction de la droite à mes propos. Il n’y a pas eu un seul responsable de
droite pour reconnaître la gravité de cette affaire. Ils ont voulu me
déstabiliser pour me faire taire. Ils n’y sont pas parvenus. Ils n’y
parviendront pas.
En ce qui concerne les révélations sur les empreintes
digitales d’une jeune femme retrouvées chez moi, lors de la
« visite » de mon appartement en 2006, je vous renvoie au communiqué de
Jean-Pierre Mignard, Président de Désirs d’avenir, que vous trouverez
ci-dessous.
Sachez qu’on ne m’arrêtera pas. Je continuerai
avec vous, et avec d’autres, à dénoncer la mainmise du clan Sarkozy sur tous les
pouvoirs. On ne fera pas taire la gauche. Croyez-moi.
À très bientôt,
Ségolène Royal
Communiqué de Maître Jean-Pierre
Mignard,
avocat à la Cour d’Appel de Paris
« Informé par les seules agences de presse de
récents développements dans l'enquête sur la mise à sac de l'appartement
de Madame Royal, j'ai repris contact avec le Procureur de la République de Nanterre, Monsieur
Philippe Courroye.
Il m'a confirmé que des empreintes digitales d'une jeune
femme d'un pays des Balkans correspondraient à celles retrouvées dans le domicile de
Madame Royal lors de la visite avec effraction de 2006.
Une nouvelle technique appropriée aurait permis maintenant ce
qui n'était pas possible hier : procéder à une comparaison approfondie des
empreintes.
Nous faisons à cela les observations suivantes :
- la protestation de Madame Royal aura déjà et au
moins servi à la réouverture de son dossier classé. Sans cela cette
première infraction serait définitivement tombée dans l'oubli. On peut s'en
étonner, s'agissant quand même d'une visite avec effraction commise dans des
circonstances troublantes au domicile d'une candidate à l'élection
présidentielle.
- la personne suspectée serait notoirement connue des
services de police pour avoir écumé les appartements de la Région
parisienne.
- aucun vol n'a été commis chez Madame Royal lors de
cette visite. Même une montre qui avait disparu lors de l'intrusion dans l'appartement a
été retrouvée et aucune déclaration de vol à l'assurance n'a
été déposée.
- la suspecte, présentée comme délinquante
d'habitude, « rompue au cambriolage de droit commun », aurait donc ce soir-là
exercé son activité habituelle à titre bénévole, mue par la seule
curiosité. C'est assurément une originalité.
J'ai demandé à Monsieur le Procureur de la
République d'être dorénavant la seule personne autorisée à
communiquer dans ce dossier, le cabinet de Monsieur le Président de la République,
n'étant pas en charge de l'enquête préliminaire. »
12 juillet 2008
Devoirs de vacances !
et avec le Festival off
mes 2 recom' :
Les Francofolies 2008 à La Rochelle
pour vous faire une idée : Francofolies TV
Un seul droit pour les athlètes aux JO de Pékin: fermez-la!
Un seul droit pour les athlètes aux JO de Pékin: fermez-la! (Rue89.com)
Par David Servenay
Créé 07/10/2008 - 14:10
Pour protéger l'image des Jeux, le nouveau règlement du CIO encadre très strictement le droit d'expression des sportifs.

Vous espérez un coup d'éclat aux Jeux de Pékin? Le poing levé d'un athlète en guise de protestation, comme aux JO de 1968 [1]? Un formidable pied de nez aux hiérarques chinois? Ne rêvez pas. Le CIO a tout prévu et surtout le pire cauchemar des communicants: la fuite par un blog ou une chronique tenue par un athlète. Voyage aux pays des merveilles de la censure olympique.
L'heptathlonienne Marie Collonvillé, blogueuse sur 20 minutes.fr [2] l'a fait savoir: pendant les Jeux, elle ne pourra tenir un blog ou une chronique radio, comme elle l'avait fait aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004. En cause: le nouveau règlement édicté par le CIO [3], qui encadre très strictement le droit d'expression des athlètes et au-delà, de toutes personnes accréditées par l'organisation. (Ecouter le son)
Pas de rémunération, pas d'exclusivité, protection maximale des sponsors
Pour comprendre, il faut se plonger dans le guide de l'athlète [4] édicté par le Comité national olympique sportif français (CNOSF). Les 61 pages de ce document -que les athlètes français doivent retourner signé avant le 15 juillet 2008- détaillent les bons usages à respecter pendant tout le mois d'août.
L'intérêt de ce texte est d'expliciter, sans fausse pudeur, la nature de l'esprit olympique qui anime désormais la manifestation sportive. Au premier chapitre, intitulé "Pourquoi des règles?", la première réponse à s'afficher est… le "programme marketing du CIO". En clair, jusqu'en 1980, l'épreuve était menacée par la ruine et la décadence, depuis le marketing et les droits télé ont sauvé les Jeux!
Pour ne pas tuer la poule aux œufs d'or, il est donc impératif de la protéger comme les réserves de la Banque d'Angleterre. D'où les chapitres suivants, consacrés à "l'image des athlètes dans le cadre des Jeux Olympiques", le "port de la tenue de la délégation" ou encore, plus sensible, la "couverture médiatique". Et là, pas de quartier: interdiction pour les athlètes de jouer au journaliste. Aucune exclusivité ne peut être négociée, aucune rémunération envisagée et les sujets à aborder sont strictement encadrés.
Pas de site web personnel pour les Jeux, pas de sons, pas de vidéos
Page 43 du Guide, le ton est donné:
"Les athlètes ne peuvent créer de site Web personnel pour les Jeux olympiques."
Et si vous en avez déjà un, voici comment le remplir:
"Dans la mesure où un athlète dispose déjà d’un site Web permanent, il peut continuer à l’alimenter pour autant qu’aucune des conditions publicitaires ou commerciales y afférentes ne soient en contradiction avec les règles du CNO. En ce qui concerne le contenu, les athlètes peuvent y formuler leurs opinions et remarques personnelles, mais ils ne peuvent en aucun cas s’exprimer sur un autre sujet qui ne leur soit pas lié."
L'heptathlonienne Marie Collonvillé a été sollicitée par France Télévisions pour tenir une chronique quotidienne en Chine. Renseignement pris, la fédération d'athlétisme lui a fermement déconseillé l'expérience. Pourtant, en 2004 à Athènes, elle a tenu une chronique radio sur France Bleu. Message reçu cinq sur cinq par la blogueuse: (Ecouter le son)
Le CIO est allé très loin dans sa volonté d'encadrer les débats (s'il y en a). Premier avertissement, page 46 du guide:
"Les Blogs devront se présenter sous forme de journal et, en tout cas, ne pas contenir d’interview avec des personnes accréditées ni d’histoire les concernant."
Et ce n'est pas tout. Chaque athlète, "accrédité" par l'organisation, doit se conformer à l'obligation suivante:
"Les personnes accréditées ne devront pas divulguer d’informations confidentielles ou privées en rapport avec une tierce personne y compris, mais pas exclusivement, des informations susceptibles de compromettre la sécurité, la tenue et l’organisation des Jeux et le cas échéant, les délégations olympiques respectives des personnes accréditées ou la vie privée de toute autre personne accréditée."
Bref, si l'on suit à la lettre cette dernière recommandation, aucun propos critique sur les JO ne sera toléré. Rappelons qu'une suspension d'accréditation vaut pour un athlète exclusion définitive des épreuves.
Marie Collonvillé: "On n'a pas le droit de s'exprimer comme on le voudrait"
Enfin, sur le chapitre du contenu, les responsables olympiques, désormais imprégnés de "l'esprit" du marketing, cultivent une langue de bois brute où le message est clair (page 32, dans le chapitre sur le "port de la tenue"):
"La règle 51 de la charte olympique pose le principe de l’interdiction de propagande et démonstration politique, religieuse et raciale. Outre les règles relatives à la publicité dans les sites olympiques, la règle 51 renvoie à ses textes d’application concernant la publicité sur les habillements des participants aux Jeux olympiques."
Là aussi, le CIO a tiré les leçons des Jeux de Mexico en 1968 et du coup d'éclat des trois sprinters vainqueurs de l'épreuve du 200 mètres. Les Américains Tommie Smith [5] et John Carlos [6], poings gantés de noir tendus vers le ciel, avaient spectaculairement manifesté leurs idées en faveur du mouvement des Black Panthers. Tandis que l'Australien Peter Norman [7] avait, par la suite, marqué son entière solidarité avec les deux athlètes noirs.
Un tel geste serait-il possible à Pékin? Pour Tommie Smith, interrogé par France Info [8], c'est un acte lourd de conséquences… (Ecouter le son)
Le sprinter américain sait bien ce qu'il en coûte de franchir la ligne jaune: lui, John Carlos et Peter Norman ont été violemment ostracisés par la communauté sportive. A 35 ans, Marie Collonvillé sait qu'elle a tout à perdre. Rééditer un tel coup d'éclat? "Il faut déjà être sur le podium", s'amuse-t-elle. (Ecouter le son)
Mais peut-être y-a-t-il quelques inconscients parmi les 10 000 athlètes attendus à Pékin? Rêvons un peu.
► Lire aussi: Toute la JO-politique sur le blog Boycotter les JO de Pékin [9].
URL source:
http://web2.rue89.typhon.net/2008/07/10/un-seul-droit-pour-les-athletes-aux-jo-de-pekin-fermez-la
Liens:
[1] http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=partenaire&partenariat=cc9df233fd8bd314d4f4d4b5e87c017b
[2] http://lecarnetdemarie.20minutes-blogs.fr/archive/2008/07/02/le-dopage.html
[3] http://pekin.franceolympique.com/pekin/art/7/547.shtml
[4] http://pekin.franceolympique.com/pekin/fichiers/File/communication/Guide-de-athlete.pdf
[5] http://fr.wikipedia.org/wiki/Tommie_Smith
[6] http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Carlos
[7] http://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Norman
[8] http://www.france-info.com/spip.php?article157590&theme=27&sous_theme=292
[9] http://web2.rue89.typhon.net/jo-de-pekin
NO GAMES WATCHING
En poursuivant sa politique violente à l’encontre des populations tibétaines, la Chine continue de mettre à mal les plus élémentaires droits de l’homme.
L’espoir démocratique qui justifiait l’attribution des JO à la Chine semble aujourd’hui définitivement éteint.
La diplomatie internationale peine à se mettre d’accord sur la conduite à tenir. En tant que téléspectateur, nous pouvons prendre position en boycottant l’audience de l’événement. Ne regardons pas la cérémonie d’ouverture, ni les épreuves si on doit en arriver là !
Dans les démocraties, quand la violence est présente, les épreuves se déroulent à huis clos.
Fermons notre télévision, zappons sur d’autres programmes, allons faire du sport, allons faire l'amour, allons lire, allons vivre libres pour que les dirigeants chinois perdent à la fois leurs JO et le pari de se donner une image respectable.
Plus nous serons nombreux et plus nous ferons baisser les 40% de parts de marché attendues au niveau mondial. La perte d’audience changera le modèle économique en modèle « éthiconomique ».
Si elle est signée massivement, cette pétition permettra de faire pression auprès des autorités concernées.
Pour signifier votre mobilisation, signez.
http://www.neregardezpaslesjo.fr
10 juillet 2008
mini revue de presse (LeMonde.fr)
Travailler plus, pour gagner quoi
? par Robert Castel
Les syndicats dénoncent la remise
en cause des jours de RTT des cadres
Thierry Saussez veut quadrupler le
budget de la communication gouvernementale
Cerémonie des JO 2008 en Chine : sous couvert de la PFUE, N. Sarkozy décide de s'y rendre !
par lemondefr
PFUE : Présidence Française de l'Union Européenne
09 juillet 2008
En Paca, plus d'une personne sur sept est pauvre
C'est le revers du soleil : la région Paca, l'une des plus inégalitaires de France, soigne ses citoyens aisés et semble enfermer dans la misère les moins fortunés. Selon une récente étude réalisée par l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), 654 000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté dans la région, soit près d'un habitant sur huit qui gagne moins de 788 euros par mois (1).
Avec 14,4 % de sa population placée en situation de nécessité, Paca affiche ainsi un niveau de pauvreté parmi les plus élevés de France. La « conjonction d'un faible taux d'activité, d'un taux de chômage élevé, de nombreux emplois peu qualifiés », du recours important au temps partiel et du prix élevé de l'immobilier explique cette situation, notent les statisticiens.
Dans le Sud, les pauvres sont encore plus pauvres qu'ailleurs
Pire encore, la moitié des citoyens pauvres de la région subsistent avec moins de 640 euros par mois, soit le plus faible niveau de vie en France. Autrement dit : être pauvre sous le soleil, c'est être plus pauvre que partout ailleurs !
Intrinsèquement, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse apparaissent comme les deux départements les plus touchés, où plus de 16 % de la population vit en dessous du seuil. Le Var (13 %) et les Alpes-Maritimes (12,3 %) sont également situés au-dessus de la moyenne nationale de 12,1 %. Ainsi, dans le Var, plus de 120 000 personnes sont en situation de grande précarité. Mais surtout, les écarts entre riches et pauvres y sont parmi les plus élevés de France.
Le minimum gagné par les 10 % les plus riches est, dans la région, 3,3 fois supérieur au maximum de ce que touchent les 10 % les plus pauvres. Dans le Var, les plus démunis ne gagnent pas plus que 722 euros, les plus fortunés jamais moins de 2 302 euros, soit un rapport de 3,2. Dans les Alpes-Maritimes, le fossé est plus béant encore (3,4) : 736 euros chez les 10 % les plus pauvres, 2 499 euros au minimum pour les plus riches.
Ces inégalités seraient plus notables encore sans l'effet de l'impôt et de la redistribution par les prestations sociales. Avant cette redistribution, le niveau des revenus déclarés par les plus riches est sept fois supérieur à celui des plus pauvres (cinq fois seulement en France).
Cette situation de pauvreté intrinsèque et d'inégalités croissantes pèse donc considérablement sur les ménages les plus fragiles, principalement les jeunes et les familles monoparentales. Par exemple, près d'un quart des familles monoparentales vit dans la pauvreté. De même, un enfant sur cinq de moins de 18 ans est aujourd'hui nécessiteux dans la région.
1. 1 182 euros pour un couple, 1 655 euros pour un couple avec un enfant.
Source : Insee-DGI, revenus disponibles localisés 2004
L. R.
Var-Matin
08 juillet 2008
Ecoutez Jean-Michel LAXALT lors de l'AG de la MGEN
Ce discours est intéressant au delà des sociétaires de la MGEN, il concerne notre République et notre Sécurité Sociale.
06 juillet 2008
à méditer : "Ma vie sans Internet"
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LE MONDE | 04.07.08 | 17h15 • Mis à jour le 04.07.08 | 21h00

u début, c'est juste énervant. L'écran qui reste vide, la page blanche, la connexion qui foire... Zut, comment je vais faire ? On attend, on s'occupe à autre chose. Et puis ça revient. Mais si ça ne revenait pas ? "J'ai été privé d'Internet pendant trois mois. A cette époque, j'étais célibataire et je passais tout mon temps libre sur la Toile, raconte Adrien Klein, 33 ans. J'étais sur Facebook, je draguais sur Meetic, l'ordinateur me servait de télé, de journal... Et puis j'ai déménagé, et là, pas de connexion. Ç'a été un vrai choc. Je tournais en rond, je ne savais plus quoi faire. D'un coup, je m'ennuyais tellement. J'étais au bord de la dépression..." Carrément.
Internet a rempli nos vies. Certaines vies, du moins. D'après l'Insee, 59 % de la population et 80 % des familles ayant des enfants sont branchés au réseau. Selon le Credoc (Centre de recherche pour l'étude des conditions de vie), plus de la moitié de la population considère qu'Internet est utile dans la vie quotidienne. Depuis 2001, 3 millions de personnes supplémentaires s'y mettent tous les ans. Rythme énorme. Pour les 12-25 ans, le Web est la première source d'information et de divertissement, devant la télévision.
Jean-Charles Nayebi, auteur de La Cyberdépendance en 60 questions (Retz 2007), estime à près de 8 % le nombre d'internautes "cyberdépendants". "Depuis que je n'ai plus Internet, je me sens frustré du système, raconte Maurice Morea, retraité. A mon travail, je consultais tout le temps, j'étais accro à Google Earth. Aujourd'hui, je dois faire un effort pour aller vers la culture, et je m'en veux. Alors j'achète des grilles de sudoku. Mais ça ne remplace pas."
A la frustration s'ajoutent de réelles complications du quotidien. "Des gestes qui étaient devenus simples redeviennent compliqués, et du coup on le supporte moins. Quand j'ai besoin d'un billet de train, maintenant, il faut que j'aille en agence. La première est à 25 km de chez moi." Au service communication de la SNCF, on avoue ne jamais s'être penché sur la question.
Des régions entières sont encore dépourvues de l'accès à l'ADSL. C'est le cas de plusieurs villages des Hautes-Pyrénées. Villelongue, par exemple. Là, la distribution est aléatoire. Les deux extrémités du village, par amplification, ont du 512 kilobits/seconde. Au 6, au 13 et au 17, aussi. Au 5 et au 9, non : on patine à 33. C'est la loterie totale, l'apartheid numérique... Jaime Andreu habite au 9. "Pour aller dans ma messagerie, il me faut quatre minutes. Je ne peux pas regarder une vidéo. J'aimais bien aller sur des sites de musée, consulter les bibliothèques. Je ne peux plus. Pour lire le journal, du coup, je descends à Pierrefitte."
A Estaing, un peu plus loin, au bord d'un superbe lac touristique, même topo. Michel Bourdon, retraité, s'y occupe d'une chorale. "Nos copains nous envoient des photos de leurs petits-enfants, les diaporamas rigolos sur Sarkozy... Parce que tout le monde a l'ADSL. Sauf nous. Et ça bloque. Un jour, une chanteuse m'a envoyé une affiche. J'ai mis 55 minutes à ouvrir le fichier. En plus, je paye à l'heure, pas au forfait." Alors il s'arrange. Une amie lui ouvre sa messagerie tous les matins, lui élimine ses spams et lui met les volumes importants sur une clé USB qu'elle lui donne quand ils se voient. "C'est un inconvénient qui va avec un choix de vie. Ce serait paradoxal de vouloir l'isolement et de se plaindre", dit il, philosophe.
Philosophe, le patron du camping Pyrénées Natura l'est beaucoup moins. Lui travaille toute l'année avec l'international, les Pays-Bas en particulier. "Dès que je reçois plus qu'un simple e-mail, cela prend des heures." Les habitants ont tenté de s'organiser : pétitions, plaintes, proposition auprès de France Télécom de s'unir et de prendre trente abonnements, menaces auprès des mêmes de ne pas garder d'abonnement téléphonique... " Il n'y a pas d'interlocuteur. On appelle Orange, et on tombe sur un incompétent incapable de nous passer quelqu'un d'autre", se plaint Jaime Andreu. Le conseil général veut se saisir du problème. La nouvelle présidente a affirmé que l'ADSL était une de ses priorités. A Villelongue, à Estaing, on attend... Selon une étude australienne, les ménages qui utilisent Internet pour réaliser des achats en ligne, effectuer des opérations bancaires et des réservations ou rechercher des informations administratives économisent quatre heures de temps par semaine.
Problème de riches ? Petits soucis de confort ? Pas seulement. "La fracture autour d'Internet est double, explique le psychanalyste Serge Tisseron, auteur de Virtuel mon amour (Albin Michel, 226 p., 17 euros) : une fracture sociale, qui en rend les tarifs encore prohibitifs pour les plus pauvres ; et une fracture générationnelle qui peut frapper au sein de la même famille." Il y a ceux qui ne sont pas branchés parce que ça ne les intéresse pas. Les personnes âgées, qui pataugent dans les explications, se trompent de touche... Et ceux qui ne peuvent pas l'avoir.
Le Credoc a repéré deux secteurs où l'absence d'Internet entraîne de vraies inégalités : l'école, et la recherche d'emploi. "De plus en plus de professeurs envoient les élèves chercher sur Internet, raconte Sylvia Fabre, documentaliste au collège d'Hourtin, en Gironde. Il y en a encore quelques-uns qui ne l'ont pas. Ce sont souvent ceux qui ont par ailleurs de vrais problèmes sociaux." Robert Charron, professeur de sciences et vie de la Terre dans le même établissement, confirme : "Même s'il y a des accès au centre de documentation et à la salle informatique, les élèves qui n'ont pas Internet chez eux sont plus ou moins défavorisés." D'autant qu'il existe maintenant une épreuve informatique au brevet.
Au service de la délégation aux usagers de l'Internet du ministère de l'éducation nationale, aucun chiffre, aucune donnée exacte sur le nombre d'élèves n'ayant pas accès au réseau n'est disponible. Tristan, 13 ans, 1,50 m et d'immenses yeux bruns, en 5e à Eysines (Gironde), en fait partie. Et le vit mal. "Je dois me débrouiller autrement, aller chez des copains. Mes parents n'ont pas de livres, alors je ne peux rien chercher chez moi. Je vais au CDI (centre de documentation et d'information), mais ce n'est pas toujours libre. Il faut attendre, y aller à heures fixes." Mais ce ne sont pas ces complications scolaires qui le touchent le plus. "Tous mes copains chatent, vont sur MSN, jouent en ligne. Moi, je ne peux pas. Je vais jouer chez eux, mais ce n'est pas pareil." C'est là, face à l'absence de l'écran, plus que dans ses vacances obligées à la cité ou l'exiguïté de son logement, qu'il comprend qu'il est pauvre.
De plus en plus d'administrations (caisses d'allocations familiales, assurance-maladie, impôts, Trésor public...) proposent des informations et des services en ligne. Avec succès : 37 % des sites publics visités sont ceux des services sociaux. Quid de ceux qui n'y ont pas accès ? "J'ai été au chômage pendant six mois, raconte Etienne Lemaitre, 53 ans. Au bout de ce temps-là, un ami m'a proposé de faire mes recherches sur le Net depuis chez lui. Là, j'ai trouvé assez vite."
Nous avons mis en place des postes en libre accès dans toutes les agences de France", explique le responsable adjoint de l'ANPE Paris-Saint-Georges. Un sondage réalisé pour le Syntec (Syndicat du conseil en recrutement) montre que 43 % des directeurs des ressources humaines utilisent Internet pour recruter leurs cadres.
"Avec le temps, les personnes en recherche d'emploi qui n'ont pas accès à Internet se trouveront de plus en plus pénalisées, estime Régis Bigot, du Credoc. Internet offre à ceux qui sont déjà les mieux dotés en ressources - culturelles et relationnelles, notamment - des opportunités d'actions élargies et des perspectives excitantes. Les autres, tant pis." Et pourtant, certains (qui, généralement, en disposent au bureau....) choisissent de ne plus utiliser l'Internet, ou de s'en désintoxiquer. Isabelle Sonat, qui élève seule deux enfants de 8 et 12 ans dans le Médoc, s'en est délibérément coupée. "Je le fais pour mes petits. Seule, je n'arrivais pas à les limiter, explique-t-elle. Ils y passaient tout leur temps libre. C'étaient des disputes permanentes pour les envoyer au lit. Alors j'ai résilié mon abonnement. Ç'a été dur au début. Mais je sais qu'ils jouent beaucoup chez leurs amis, et pour les devoirs on peut aller chez des voisins ou à mon bureau."
"Certains refusent Internet, précise Serge Tisseron, parce qu'ils ont peur de ne plus lui résister : des gens qui y passaient trop de temps, d'autres qui y voient des lieux d'excitation (sites de rencontres, sites érotiques) qui vont leur compliquer la vie. Comme ils ne peuvent pas résister à la machine, ils s'en privent." Et s'ouvre alors la redécouverte d'autre chose. "Déjà, je me suis déconnecté des trucs débiles genre "Star Ac", que je suivais sur MSN, raconte Eva Hamzaoui, volleyeuse. Comme je n'avais plus d'infos en ouvrant ma session le matin, j'ai découvert la radio. C'est beaucoup mieux."
A 32 ans, Antoine a été nommé dans une agence bancaire près de Château-Thierry, dans l'Aisne. " Je n'ai plus d'Internet à la maison. Au début, je me demandais comment je ferais. J'ai trouvé d'autres occupations. Je me promène beaucoup. Je bricole. Je passe mon temps dans le garage plutôt que devant l'écran. Quand j'en ai vraiment besoin, je vais dans un cybercafé." Un temps. "Mais ça m'arrive de moins en moins souvent."
Hubert Prolongeau
Article paru dans l'édition du 05.07.08
05 juillet 2008
Pour le Droit de Vote des Etrangers
Pour renforcer la démocratie : droit de vote des étrangers aux élections locales
Lire la pétition et le courrier adressé au Président de la République par Pascal Buchet, maire de Fontenay-aux-Roses
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