Le Blog de l'Esterel

C'est en parvenant à nos fins par l'effort, en étant prêt à faire le sacrifice de profits immédiats en faveur du bien-être d'autrui à long terme, que nous parviendrons au bonheur caractérisé par la paix et le contentement authentique

15 mai 2009

Et la frugalité sauva le monde

. Enquête
Quels consommateurs sommes-nous ?

Et la frugalité sauva le monde               

LE FIL IDéES - La crise modifie le comportement des consommateurs, paraît-il. Les Français sont-ils devenus écolos, humbles, adeptes de la frugalité, quoi ? Ne serait-ce pas plutôt qu’ils ont les poches vides ?

                               

  - Photo : Denis Darzac/agence VU               

Vous l'avez sans doute aperçu à la télé. Ou dans les journaux. Depuis quelques semaines, « le nouveau consommateur » squatte les médias. On le scrute, on le dissèque, on l'interviewe. Normal, « le nouveau consommateur », c'est vous, moi, votre voisin de palier ou de bureau : un chic type transgénérationnel et transclasses sociales. Car les enquêtes sont formelles, le constat est unanime : nous avons tous muté. Hier encore, nous nous abîmions, pauvres inconscients, dans l'hyperconsommation. Mais c'est fini. Maintenant, nous alterconsommons : « moins et mieux », comme dit Robert Rochefort, directeur du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc). D'après les spécialistes, nous sommes devenus solidaires et éthiques. Adeptes de la sobriété, de l'humilité et de la frugalité. Bref, profondément subversifs dans un système économique qui incite sans cesse à acheter plus. Le phénomène, paraît-il, date de la crise. «Avec la crise, le temps du "toujours plus" est révolu [...] Tout est à réimaginer », apprenait-on, il y a quelques semaines, dans l'hebdo économique Challenges. Karl Lagerfeld l'a confirmé au Monde 2 : il est convaincu lui aussi que « rien ne sera plus jamais comme avant » et que le bling-bling a fait son temps. Place à la « nouvelle modestie ». Et le mou­vement serait profond, à en croire l'éditorialiste de Direct Soir, Jacques Séguéla, lui-même touché par le phénomène et en pleine mue post-Rolex : « C'est notre mode de vie qui change de mode. [...] Manger des fraises en hiver : aberrant. Rouler en 4 x 4 en ville : provocant. Faire des courses à trente minutes de chez soi dans un hyper : exaspérant. Retour à la famille, au terroir, aux racines, au goût des cho­ses simples, aux vertus de l'échange et du partage. [...] Adieu la frime, bienvenue dans le monde de l'altruisme et de l'alterconsommation. »

“Plusieurs enquêtes indiquent que les couples
font davantage l'amour, comme
s'ils avaient compris que le sexe reste
la seule chose démocratique et gratuite !”

Il faut dire qu'elle a l'air épatante, notre nouvelle vie. On pratique l'entraide, on vit dans des yourtes, ou on en rêve, on ne met plus les pieds dans les vilains supermarchés, on astique tout au savon noir, on « fait maison » - les yaourts, le pain, les pulls et ­même, chez certains radicaux, les dentifrices et les détergents. Et puis on troque. Ça ne coûte rien, et surtout on a enfin compris que «le troc introduit une nouvelle dimension, affective, dans la transaction et permet de tisser des liens», comme le rappelle Le Monde. Ce que nous sentions obscurément sonne désormais comme une évidence : on ne peut pas construire sa vie uniquement sur du matériel, pour paraphraser le psy Serge Hefez s'exprimant sur le sujet dans un hebdo féminin. D'ailleurs, poursuit l'article, « plusieurs enquêtes indiquent que les couples font davantage l'amour, comme s'ils avaient compris que le sexe, bonne vieille valeur refuge et maison, reste la seule chose démocratique et gratuite ! »

Ah bon ? D'où vient donc ce léger sentiment de malaise face à l'avènement annoncé du nouveau-consommateur-frugal-et-heureux-de-l'être ? La nouvelle devrait nous réjouir. Pensez donc, l'aube d'un ­changement de civilisation, la fin de la marchandisation des modes de vie ! Mais soyons rabat-joie et rappelons quelques évidences : la critique de la consommation de masse ne date pas d'hier et elle est, aujourd'hui encore, loin d'être massive ; et surtout, pour la très grande majorité de la popu­lation, la baisse de la consommation n'a rien de volontaire ni de jouissif. Elle est subie, et n'est pas apparue avec la crise : voilà vingt-cinq ans que les classes moyennes se « démoyennisent », que les pauvres sont de plus en plus pauvres, et que tous sont forcés d'adapter leur consommation.

De 1982 à 1986, le capital “antisalarial”
a pris sa revanche avec une rapidité
et une brutalité insoupçonnées

Dans un essai à paraître fin mai, La Crise de trop. Reconstruire un monde failli, l'économiste Frédéric Lordon explique comment nous avons progressivement basculé dans « le capitalisme antisalarial ». Il y dissèque notamment l'évolution du partage de la valeur ajoutée, autrement dit de la part des salaires dans le produit intérieur brut, notamment par rapport aux profits (soit ce qui sert à la fois à l'investissement et aux dividendes des actionnaires) : dix points de moins depuis 1982 ! Certes, Frédéric Lordon reconnaît que les salaires étaient alors trop hauts et les profits trop bas pour que les entreprises puissent investir. Mais de 1982 à 1986, quel rattrapage ! Le capital a pris « sa revanche avec une rapidité et une brutalité insoupçonnées ». En moins de quatre ans, la part des salaires a chuté de façon dramatique tandis que celle des profits s'est mise à grimper, pour atteindre un sommet de 33 % en 1989. On n'en est plus redescendu.

Pour Frédéric Lordon, ce tournant du milieu des années 1980 est capital et doit être choisi comme véritable point de référence pour comprendre ce que les salariés ont perdu : c'est à partir de 1985-86 que la part des profits commence à sérieusement déraper dans « l'excès de la profitation ». A partir de là, « tout ce que le capital va rafler [...], il va le prendre de la plus improductive des manières ». Pas pour investir davantage, mais pour enrichir toujours plus le pouvoir actionnarial au détriment des salariés. Résultat, selon l'économiste, nous aurions à rattraper non pas dix, mais trois points de PIB... soit tout de ­même la bagatelle de 53 milliards d'euros ! Et ce n'est qu'un minimum. « Pour s'en faire une idée, il suffit de constater que la part des dividendes dans le PIB est passée de 3,2 à 8,5 % en 2007 : 5,3 points au bas mot », passés des salariés aux actionnaires !

Plus pauvre donc, notre « nouveau consommateur » l'est assurément. Mais plus vertueux, plus subversif ? «Cela reste à démontrer, constate l'économiste Jean Gadrey, pionnier dans la réflexion sur les nouveaux indicateurs de richesse. Où que l'on regarde, on ne voit pas de signe de grand bouleversement. Ni du côté des très riches, qui avaient une telle marge de richesse que leurs pertes ne les empêchent pas d'hyperconsommer, même s'ils le font de façon un peu moins ostensible. Ni du côté des pauvres, dont la majorité des dépenses reste quasi incompressible. Prenons la part des dépenses énergétiques dans les budgets : 15 % pour les 20 % les plus pauvres, 6 % à peine pour les 20 % les plus riches... Bref, le consommateur roi, acteur supposé de la consommation, reste assez largement un concept vide. Ses choix sont contraints, par les 600 milliards de dollars dépensés en pub et en sponsoring en 2008, notamment. »

“Pour un système dopé à la croissance,
la réticence à la dépense est une incivilité”

Le système, rappelle Jean Gadrey, est confronté au risque d'une consommation qui ne décolle pas, avec des individus qui épargnent (surtout si l'avenir est incertain), qui refusent de s'endetter et de travailler plus pour consommer plus. « Pour un système dopé à la croissance, la réticence à la dépense est une incivilité critique. Il est donc impératif de mettre au point des dispositifs pour la conjurer. Continuer à penser le consommateur comme débouché de la production. Le discours sur le nouveau consommateur s'inscrit dans cette logique. Tout comme l'avènement de la "croissance verte". C'est assez largement un mythe, qui permet de tout changer sans rien changer. » Bref, une pirouette marketing visant à déculpabiliser le shopping en période de récession et à permettre de continuer à consommer dans un système économique qui ne peut pas faire l'impasse sur la demande intérieure.

Et puis, interroge l'économiste, « comment pourrait-il y avoir des consommateurs vertueux en grand nombre tant que la production de masse reste irresponsable, destructrice de la planète et adepte du moins-disant social ? Appeler les plus pauvres à la frugalité et à une "autre consommation" me paraît indécent. » D'autant que cela revient à faire porter toute la responsabilité sur la ménagère, désormais culpabilisée et accusée de non-assistance à planète en danger, puisqu'elle délaisse le supermarché pour le hard discount et le low cost, deux modèles économiques guère connus pour leurs préoccupations sociales, éthiques et écologiques. «Une consommation plus vertueuse ne se fera pas sans une forte baisse des inégalités. En agissant sur le bas de l'échelle, pour que tous puissent accéder à des produits de type durable. Mais aussi sur le haut, en commençant à réfléchir à un revenu maximal admissible. Cessons de pousser les gens à acheter au sein d'un système qui nous conduit au désastre. Mais substituons à la revendication de progression indéfinie du pouvoir d'achat celle d'un partage plus équitable et durable du "pouvoir bien vivre". »

“La crise joue un rôle d'accélérateur, en renforçant
et en médiatisant un peu plus les prises de conscience”

Même son de cloche chez le politologue Paul Ariès, auteur du précieux manifeste No conso et l'un des animateurs du mouvement de la décroissance : « La grande question n'est pas de changer le consommateur mais le système productiviste. Que faut-il produire ? Comment ? Pour quels ­types d'usage ? La seule alternative est de réinventer d'autres cultures, d'autres façons de vivre avec d'autres produits. C'est ce que nous essayons de faire avec le slow food, les Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne), les SEL (systèmes d'échanges locaux), les coopératives, etc. Et nous avons de plus en plus d'écho. »

Ainsi, nous n'avons pas tous muté. Le changement de civilisation et le nouvel art de vivre attendront. Mais de plus en plus de Français se posent des questions, résume Jean Gadrey. Qui sont-ils ? Selon les enquêtes (1), les 10 à 20 % de la population engagés dans des modes de consommation durable depuis quelques années déjà, plus ou moins radicalement, et sensibles à des thèmes aussi divers que la critique du culte de la croissance, les OGM, l'épuisement des ressources naturelles ou la malbouffe... « La crise ne les a pas transfigurés, mais elle joue un rôle d'accélérateur, en renforçant et en médiatisant un peu plus ces prises de conscience. » Jean Gadrey, qui anime régulièrement des débats publics un peu partout en France, a ainsi vu son auditoire tripler depuis l'été. «Les débats débordent maintenant les réseaux militants d'Attac ou des Amis de la Terre. Et les gens me posent des questions impossibles il y a encore quelques mois : par exemple, a-t-on vraiment besoin de la Bourse ?» Jamais on n'avait autant entendu parler de « revenu minimal garanti » ni de « revenu maximal acceptable ». Et des termes qui hier encore n'étaient connus que d'une poignée d'individus quittent peu à peu leur ghetto militant.

“Il faut changer notre façon de penser,
décoloniser notre imaginaire de consommateur.”

Depuis quelques mois, le grand public en sait plus sur le down-shifting - la « rétrogradation », qui invite à un mode vie plus frugal ; les freegans, qui remplissent leurs réfrigérateurs à partir des poubelles de nos supermarchés pour dénoncer le gaspillage ; ou encore le mouvement The Compact, qui propose d'arrêter d'acheter des produits neufs pendant un an. De plus en plus popu­laires, les « locavores » nord-amé­ricains ne consomment que local. Dans la même famille, en France, les Amap, ces « paniers paysans » qui mettent en contact direct consommateurs et agriculteurs et défendent une agriculture paysanne, de saison et écologiquement saine, rencontrent un succès croissant. « Il va falloir apprendre à vivre beaucoup mieux avec beaucoup moins, déclare Paul Ariès. Il faut retrouver collectivement et individuellement le sens des limites. Einstein disait que lorsqu'on a la tête en forme de marteau on voit les problèmes sous forme de clous. Il faut donc changer notre façon de penser, décoloniser notre imaginaire de consommateur. Apprendre à entretenir d'autres types de rapport aux objets. Se rappeler que nous ne sommes pas nés consommateurs. »

Cette scène vue à Paris, il y a quelques jours : cinq jeunes freegans, bien habillés, inspectent la poubelle fraîchement sortie du supermarché voisin. Intrigués par la scène, plusieurs passants s'arrêtent et commencent à discuter avec le groupe. Concert d'exclamations : « Quoi, vous n'êtes pas des SDF ? Bravo, c'est courageux ! », « Y en a marre du gaspillage ! », « Super, tenez bon ! ». « Il y a encore six mois, sourit Julius, 25 ans et glaneur depuis 2007, on se faisait insulter, y a de l'espoir... »               

Weronika Zarachowicz

Télérama n° 3095                

(1) Selon l'enquête Ethicity sur “Les Français et la consommation durable”, publiée le 1er avril, “un petit quart” de la population se déclare “éco-consommateur”. Voir www.ethicity.net

A lire

La Crise de trop. Reconstruire un monde failli, de Frédéric Lordon, éd. Fayard, à paraître le 27 mai.

Apprendre à faire le vide. Pour en finir avec la société du toujours plus, de Paul Ariès (avec Bernadette Costa-Prades), éd. Milan, 2009.

Non au capitalisme vert, Actes du Contre-Grenelle 2, organisé par La Décroissance le 2 mai à Lyon, éd. Parangon, à paraître le 15 mai.

Sur le Net

Le blog de Jean Gadrey


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29 mars 2009

objecteurs de croissance

source : www.casseursdepub.org/index.php?menu=info&sousmenu=com_2009-02-26

TELE-SARKO NOUS PRESENTE

La « tribu des décroissants » est aujourd’hui invariablement l’angle péjoratif, réducteur et caricatural choisi par les médias français quand exceptionnellement ils se penchent sur la décroissance et l’anti-productivisme. Présentée par Françoise Joly et Guilaine Chenu, l’émission de France 2 « Envoyé spécial » sur « les décroissants », diffusée le 12 février 2009, n’a pas dérogé à cette règle du moins-disant informatif.
  http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=reportage&id_rubrique=776

C’est comme si nous abordions la problématique des médias en titrant : « La tribu des journaleux » puis en traitant ce sujet exclusivement à travers le mode de vie dans les rédactions parisiennes. Ce reportage nous a fourni un nouvel exemple de ces pratiques journalistiques bécasses qui tendent à éluder un enjeu de société majeur au profit d’une approche communautariste réductrice. « Finalement, le grand public est mis dans la position d’un témoin extérieur, qui est surtout invité à ne pas se sentir concerné par les préoccupations de ces hurluberlus bien inoffensifs et sympathiques », note le Parti pour la décroissance dans un communiqué diffusé suite à l’émission.
  http://www.partipourladecroissance.net/?p=1181

Des lecteurs nous ont écrit pour nous faire part de leur écœurement, comme Marc Joigny : « Je me suis pris la tête dans les mains en voyant la caricature made in XVIe arrondissement. Ils sont allés à Lyon et même pas foutus de venir vous voir ! » Pour préparer l’émission, les collaborateurs de l’émission nous avaient pourtant contactés. Nous avions insisté lourdement pour dire que nous n’étions pas des « décroissants », terme employé à dessein par nos détracteurs. Nous avions pris du temps pour expliquer qu’aussi intéressantes puissent-elles être, on ne pouvait pas réduire la décroissance à des expérimentations individuelles. La décroissance constitue un choix de société et un projet politique qui soulève des enjeux de société majeurs. « Politique », « choix de société », des notions iconoclastes pour ces journalistes qui ne nous ont jamais rappelés. Un autre lecteur, Mickael Bialy, nous dit : « Le traitement de la décroissance était bien entendu biaisé. Le contraire m’aurait étonné. En plus de l’absence de recul et d’explication claire sur la décroissance, nous avons eu droit à une caricature d’objecteurs de croissance... Trois types de “décroissants” étaient présentés sous les aspects les moins neutres : l’intolérance (le père avec sa fille), la rigidité (aucune concession), la radicalité (vivre dans une yourte) et la tartuferie (gagner bien sa vie et faire le raccroc au marché...). Bref, une belle opération de décrédibilisation ! » Pour compléter le tableau, la voix off du présentateur donne l’impression de s’adresser à un public de demeurés. C’est sans doute pour cela que le « service public » prend ses concitoyens.
Une semaine plus tard, France 2 diffusait une longue émission sur les « prêcheurs d’apocalypse », tirée du pamphlet anti-écolo du même titre de Jean de Kervasdoué. Autant dire que dans ce cas, les thèses de cet ami de Claude Allègre ont été présentées avec le plus grand sérieux.

Sur ce sujet, à lire et relire la « Supplique à nos amis journalistes » :
(cliquez sur la BD pour l'agrandir)

http://www.ladecroissance.net/images/frinjo.jpg

http://www.ladecroissance.net/index.php?chemin=textes/frinjo


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10 novembre 2008

plus Pauvres, plus Riches

Des pauvres de plus en plus pauvres, des riches toujours plus riches

www.arte.tv

Commentaire par Ulrike Bieritz, Rundfunk Berlin-Brandenburg, studio de l’ARD à Berlin
          

Comme a pu le constater à maintes reprises l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), l'Allemagne est sur la mauvaise pente. Régulièrement reléguée aux derniers rangs du classement Pisa pour les systèmes éducatifs, la voici qui se rapproche de la moyenne établie par l’OCDE pour la pauvreté et la richesse. Les pauvres ne cessent de s’appauvrir, et les riches de s’enrichir – notamment en Allemagne.

http://www.arte.tv/i18n/content/tv/02__Universes/U1__Comprendre__le__monde/03-Dossiers/2008__09__26__managers__salaires/images/infografik/teaser__zeitarbeit__fr.jpg/2303814,templateId=scaled,property=imageData,height=177,scale=proportional,v=3,width=312,CmPart=com.arte-tv.www.jpg  © dpa

Le fossé se creuse entre riches et pauvres

Les catégories aisées ont vu leurs revenus progresser très fortement ces dernières années, tandis qu’un nombre croissant de personnes n’a guère plus que le strict minimum pour vivre. Fait inquiétant, la pauvreté infantile a tellement augmenté qu’elle se situe désormais au niveau de la République tchèque, du Canada et de la Nouvelle-Zélande.
Ce constat qui n’apporte rien de véritablement neuf va dans le même sens que Rapport du gouvernement fédéral sur la pauvreté et d’autres études menées depuis des années déjà. L’OCDE, qui a passé 30 pays en revue entre 1985 et 2005, corrobore ces données et les rappelle une nouvelle fois à notre mémoire.

La glissade se poursuit

Les raisons de ce déclin sont vite trouvées : chômage élevé ; multiplication des familles monoparentales et des ménages unipersonnels mais pas d’ajustement du système fiscal, qui reste calqué sur le mariage traditionnel ; prestations redistributives ne parvenant pas aux nécessiteux ; augmentation de l’emploi précaire. Peut-être l’amélioration attestée par l’OCDE pour 2007 est-elle scientifiquement exacte et pertinente sur le court terme en raison de la diminution du chômage résultant d’une meilleure situation économique. Il n’empêche que la glissade va se poursuivre : coup d’arrêt à la conjoncture, crise bancaire, récession. L'Allemagne est en passe de rétrograder au rang des pays que l’OCDE classe dans la moyenne inférieure – pour ainsi dire dans la misère.

Cela dit, l'Allemagne reste une nation prospère, elle fait partie des pays donateurs, elle dispose d’un système de santé et de prévoyance sociale dont rêvent les citoyens d’autres pays, des États-Unis par exemple. Elle injecte des sommes colossales dans les systèmes sociaux pour venir en aide aux plus démunis, mais ces montants n’arrivent pas à destination et ne sont d’ailleurs pas prélevés sur les nantis. La classe moyenne est perdante. Il est déprimant de constater qu’avoir des parents pauvres, c’est être généralement condamné à rester soi-même pauvre. Aucun autre pays ne compte autant de ménages au sein desquels absolument plus personne ne va travailler.

Le travail doit payer, et par conséquent se payer

Injecter davantage d’argent dans les systèmes sociaux n’est pas la solution. En revanche, les sommes redistribuées doivent aller à leurs destinataires, le système doit épouser les changements. Le plan Hartz IV, consistant à encourager le travail et non pas le chômage, est une démarche qui va dans le bon sens. Grâce à une conjoncture soutenue, les personnes ayant retrouvé un emploi sont plus nombreuses. Mais il n’est pas tolérable qu’elles soient si peu rémunérées, au point de devoir solliciter une aide complémentaire de l’État. Le travail doit payer, et par conséquent se payer. Quelque chose tourne sacrément de travers dans un pays où ceux qui ne travaillent pas ont davantage d’argent que celles qui, jour après jour, font leurs heures au salon de coiffure ou au supermarché. Dans un pays où il est normal de vivre des allocations Hartz IV.

L’économie ne doit pas simplement exiger

Peut-être les politiques peuvent-ils aménager le cadre général et faire en sorte que l’argent arrive à la bonne adresse, sans par ailleurs récompenser celles et ceux qui se prélassent sous la couverture sociale. De même, l’économie doit y mettre du sien : le travail doit se payer, exige l’OCDE. Le travail doit payer, réclament les travailleurs. De mon point de vue, l’économie elle aussi est responsable de ce pays et de ses citoyens. Elle ne peut pas simplement prendre et, à l’image des banques actuellement, demander de l’aide pour se tirer du pétrin grâce à notre argent, c’est-à-dire à l’argent des contribuables. Les entreprises fonctionnent grâce aux personnels qui font tourner la boutique. Et toute peine mérite un juste salaire.                

Source : www.tagesschau.de

Edité le : 04-11-08
Dernière mise à jour le : 10-11-08


Croissance et inégalités

Les principaux résultats de l'étude de l'OCDE.


29 octobre 2008

Journée internationale sans achat 2008

Samedi 29 novembre 2008 - Journée internationale sans achat 2008

À tous les tartufes qui vont nous dire : « Vous n’avez pas honte d’appeler à une Journée sans achat alors que le monde est en crise ? », nous rappelons que le plus sûr moyen d’aggraver la crise est de continuer dans la fuite en avant du consumérisme sans être capables de s’arrêter pour réfléchir.

La société de consommation est aveugle, il n’y a pas de croissance et
de développement économique infinis
possibles sur une planète dont les ressources sont limitées.
Nous extrayons aujourd’hui deux fois trop de ressources fossiles,
et nous émettons dans l’atmosphère plus de deux fois plus de gaz carbonique que la planète ne peut en absorber. La biodiversité s’effondre.
C’est aujourd’hui que l’extraction du pétrole entre en déclin. La société de consommation engendre un pillage et l’injustice :
20 % de la population de la planète, les pays riches,consomment plus de 80 % des ressources planétaires.
  Notre niveau de consommation a un coût :
l’esclavage économique de populations entières.
  La société de consommation est mortifère, elle réduit l’humain à n’être qu’un agent économique : producteur-consommateur.
Elle nie nos dimensions politique, culturelle, philosophique, poétique ou spirituelle
qui sont l’essence même de notre humanité.
Nous devons nous libérer de cet obscurantisme qui consiste à croire en la toute-puissance de la technoscience et à nous défausser sur elle de nos responsabilités.
    La science repose sur le doute et non sur la foi.
    L'espoir est de réanimer notre conscience et
de traduire nos idées au quotidien dans nos actions.
Renouons avec notre capacité d’autolimitation et de création, individuellement, avec la simplicité volontaire, et collectivement, grâce à la décroissance.

Casseursdepub.org  http://www.casseursdepub.org/images/2008jsa.gif

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28 octobre 2008

Yves Cochet, discours à l’Assemblée Nationale sur la décroissance.


crise: Yves Cochet groupe GDR Verts

par inet


Lu sur casseursdepub.org : LA DECROISSANCE ENTRE A L'ASSEMBLEE NATIONALE
Les 9 et 14 octobre 2008, Yves Cochet, député des Verts de Paris, a prononcé à l’Assemblée Nationale deux interventions qui feront date pour la décroissance.
Ces discours sont des éléments essentiels pour comprendre la crise actuelle.
Le site d’Yves Cochet : http://www.yvescochet.net/wordpress/index.php


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07 octobre 2008

Décroître, ils y croient

Télérama - 28 février 2007            

 

AUTRES - A l’encontre des théories économiques dominantes, des chercheurs et des militants refusent la croissance à tout prix et rêvent de « vivre mieux avec moins ».   

Tout d’abord, oublier la voiture. Lui préférer le vélo, ou la marche. Ne pas acheter de fraises en février. Laisser tomber les week-ends à Marrakech, et même en Corse (à moins d’y aller à la voile). Ces propositions vous font frissonner – ou sourire ? Sachez que d’autres les considèrent avec le plus grand sérieux. Ils y voient même un nouveau nirvana, sur le mode « vivons mieux avec moins ». Pour préserver la planète. Pour être plus heureux. Hier marginale, l’idée trace sa route. Et ses partisans lui ont trouvé un slogan-choc, la « décroissance ». Histoire d’affirmer une démarche radicale, tant ils s’attaquent aux tabous dominants d’une époque qui invite sans cesse au toujours plus – de besoins, de consommation, de performances, d’informations. Et à tout un ordre économique, qui repose sur un postulat fondamental : hors de la croissance, point de salut. En témoigne encore l’actuelle campagne présidentielle : de Royal à Sarkozy, excepté José Bové, la messe est dite : un pays DOIT croître, autrement dit constamment augmenter sa production en volume, calculée sous forme de produit intérieur brut. Même si ce PIB comprend aussi la vente de somnifères ou le chantier de dépollution de l’Erika. Et même si, comme disait Bob Kennedy, « le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ». Pas question, disent les décroissants, de s’obstiner sur ce chemin PIBmaniaque. Nous n’avons plus le temps. Ils avancent un argument massue : plus le système économique cherche à augmenter la richesse matérielle, plus il puise dans le capital de la planète. Celui-ci étant limité, la croissance débouche fatalement sur une faillite généralisée, dont on observe les signes avant-coureurs : les ressources énergétiques s’épuisent, la biodiversité est mise à mal, le climat change. Et rien ne va s’arranger avec l’irruption de millions de néo-bourgeois indiens ou chinois, qui aspirent eux aussi au sèche-linge, à la voiture climatisée et aux vacances exotiques en charters. « La décroissance ne vient pas d’une idéologie et c’est sa principale force, insiste Jean-Paul Besset, porte-parole de Nicolas Hulot et collaborateur d’Entropia, la nouvelle revue intello des anticroissance. Elle s’impose par les faits, par la prise en compte d’une nécessité physique. » Il y a pourtant bien une théorie économique, au départ. Celle d’un Américain d’origine roumaine, Nicholas Georgescu-Roegen, mort en 1994 dans une quasi-indifférence et inventeur d’une nouvelle manière de penser l’économie : la « bioéconomie », ou l’étude des relations entre économie et environnement, économie et physique. La particularité du processus économique, explique-t-il, est d’être régi par les lois de la thermodynamique. Notamment la loi de l’entropie, selon laquelle une ressource énergétique, une fois utilisée par les machines, est perdue. Bref, il rappelle une évidence oubliée par le libéralisme et le communisme : la consommation de ressources limitées finira inévitablement par les épuiser complètement. La décroissance, c’est d’abord ce grand chambardement du regard, sur l’économie et sur l’homme. Ce n’est donc pas un hasard si elle compte dans ses rangs des voix singulières, parmi les plus intéressantes dans le discours écologique. Comme celles de ses initiateurs, Ivan Illich, Cornelius Castoriadis ou encore le trop méconnu André Gorz, qui dès les années 70 avaient bien perçu les limites de l’ultraproductivisme et de l’hyperconsommation. Mais aussi celles de ses inspirateurs actuels, l’universitaire Jacques ­Grinevald, le politologue Paul Ariès, les philosophes Patrick Viveret et Majid Rahnema, le sage écologiste Pierre Rabhi ou encore Vincent Cheynet, cofondateur de La Décroissance, mensuel mordant diffusé à plus de 25 000 exemplaires. Tous passent au crible les absurdités de notre quotidien : pourquoi une famille de quatre personnes possède-t-elle environ trois mille objets, alors qu’elle n’en avait pas plus de deux cents il y a cent ans ? Pourquoi une automobile reste-t-elle à l’arrêt 92 % de son temps ?... Et questionnent les évidences de nos temps modernes : qu’est-ce que le nécessaire ? Le superflu ? Ils veulent enterrer les indicateurs classiques, comme le PIB, pour en exploiter de nouveaux, par exemple « l’empreinte écologique », qui mesure la pression de l’homme sur la nature. Décidément à rebrousse-poil, ils préfèrent prôner comme Pierre Rabhi une « sobriété heureuse » et torpiller les faux-semblants du développement durable. « Y a-t-il besoin de “développer” encore la France, l’Allemagne ou les Etats-Unis ? » s’interroge le journaliste Hervé Kempf dans Comment les riches détruisent la planète. « Le développement durable n’a pour fonction que de maintenir les profits et d’éviter le changement des habitudes en modifiant, à peine, le cap. Mais ce sont le profit et les habitudes qui nous empêchent de changer de cap. Quelle est la priorité ? Les profits ou le bon cap ? » « C’est la raison d’être de la décroissance : un mot-obus qui permet de se révolter, de déboucher sur un nouvel imaginaire », dit Paul Ariès. Mais pour construire quoi ? Un monde « relocalisé », disent les objecteurs de croissance. « Il faut produire au plus près des lieux de consommation, insiste l’économiste Serge Latouche. Réapprendre à vivre avec les ressources naturelles du coin, passer à l’échelle de l’éco-région. Cesser de fabriquer des yaourts à la fraise qui nécessitent plus de 9 000 kilomètres de transport si l’on cumule le trajet du lait et celui des fraises cultivées en Pologne ! » Le député Vert Yves Cochet, l’un des rares politiques pro-décroissance, renchérit : « Le tourisme en charters et le transport routier seront les premiers touchés par la raréfaction des hydrocarbures. Il faudra s’habituer à aller moins vite, moins loin, et plus cher. » Reste à savoir comment. Le discours de la décroissance fait mouche dans ses constats, dans sa façon radicale de s’attaquer à la pensée unique techno-économique. Mais s’avère plus fragile côté solutions. Comment, par exemple, relocaliser sans pour autant repenser tout l’urbanisme, les voies de transport, bref tous nos modes de vie et de consommation ? Et donc, logiquement… engendrer de la croissance ? « Les décroissants ne parlent jamais en termes de transition, s’insurge Jean-Marie Harribey (Attac), l’un des principaux critiques du mouvement, mais je ne vois pas comment on pourrait y arriver sans des investissements majeurs. » Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, ajoute : « Envisager un retour en arrière n’a pas de sens : les hommes ont depuis toujours transformé la nature. Notre seule chance de corriger les déséquilibres est de progresser plus encore dans la compréhension et la maîtrise de notre environnement, en encadrant le processus d’innovation dans un cadre démocratique. » Et puis, la décroissance s’applique-t-elle à tout : au niveau de vie, aux ressources énergétiques, et même à la population, sujet hautement sensible ? Et nous concerne-t-elle tous, pays pauvres comme pays riches ? « Il faut être plus précis, reconnaît Jean-Paul Besset. On ne peut pas prôner, par exemple, une décroissance de la consommation alimentaire alors qu’on s’attend à une poussée de 60 % de la population mondiale ! Pour y faire face, il nous faudra une croissance de l’agriculture biologique et une décroissance des engrais. Idem pour les banlieues, où il faudrait envisager une croissance des services publics et la décroissance des barres dans les cités. Et pourquoi pas une décroissance des supermarchés et une croissance des jardins ouvriers ? » Paul Ariès préfère attaquer la question par un autre bout, plus politique, dans un petit livre percutant, Le Mésusage : « Imaginer une société de consommation décroissante est illusoire. L’objectif est d’en finir une fois pour toutes avec la consommation, donc avec le “mésusage”. Et de valoriser “l’usage”. Pourquoi devrait-on payer le même prix le mètre cube d’eau pour le ménage et pour sa piscine ? Pourquoi surtaxer uniformément le prix du pétrole, ce qui aboutirait à pénaliser les pauvres, et ne pas opter pour un système de prix variables, selon la quantité consommée ou l’usage ? Ce “bon usage” ne répond en rien à une définition moraliste ou objective. Il est ce que les citoyens décideront d’en faire. » La décroissance tâtonne et se cherche. Normal pour une pensée naissante, qui n’est pas portée par un mouvement social clair et identifié. « On a une théorie critique de la croissance, dit Paul Ariès. Mais pas encore de théorie solide de la décroissance. » Quand Yves Cochet ne refuse ni l’économie de marché ni l’apport des technologies, Serge Latouche, pur et dur, appelle à « sortir de l’économie » – « nous voyons tout à travers le prisme de l’économie, mais rappelons-nous que cet imaginaire n’existait pas avant le XVIIIe siècle, qu’il s’agit d’une culture, occidentale, et pas d’une science ! » Certains, comme Ariès, insistent sur les transformations collectives ; d’autres met­tent en avant le changement personnel, éthique. « On présente souvent la décroissance comme un mouvement de gauche, néo-soixante-huitard et libertaire, souligne l’universitaire Jean Jacob. Mais beaucoup reprennent une utopie ascétique et moraliste et les valeurs du communautarisme chrétien. Résultat, la décroissance prend des airs d’auberge espagnole, pas loin de rappeler ceux de l’altermondialisation. » Passé les querelles de chapelle, le vrai risque est ailleurs, comme le reconnaît Ariès : « La décroissance est une pensée sur la crête, qui peut conduire au meilleur comme au pire. » A critiquer la modernité, le concept séduit à gauche – les alter, les écolos, les déçus de la gauche. Mais aussi à droite, voire à l’extrême droite. « A partir des années 90, il y a eu une redistribution des cartes idéologiques, sans que les acteurs eux-mêmes veuillent le reconnaître, explique l’historien Pierre-André Taguieff. Une partie de l’extrême gauche a affirmé un discours antimoderne, et s’est de facto rapprochée d’une droite ultraréactionnaire, elle aussi antilibérale et de plus en plus écologisée... » En témoignent les ambiguïtés d’un Latouche, qui s’en prend à l’universalisme comme à l’émancipation des femmes (« il faut tout remettre à plat, ne pas les mettre à l’esclavage salarial »). Et ne voit le salut – économique et politique – que dans le local et la « biorégion, où les plantes, les animaux, les hommes forment un ensemble unique et harmonieux ». La majorité des objecteurs de croissance jurent qu’ils sont conscients du danger ultraréactionnaire et loin des thèses radicales de l’écologie profonde. Affirment qu’on peut être antiprogressiste sans virer réac et vouloir revenir aux cavernes. « Gardons le meilleur de la modernité, avec l’émancipation, l’individuation, insiste Vincent Cheynet. Et le meilleur des sociétés traditionnelles, avec le lien social, la sagesse. » « La décroissance manque d’une analyse historique solide, ajoute Jacques Grinevald. Plutôt que de nier en bloc l’apport des Lumières et leur foi dans le progrès humain, il faut repenser l’histoire industrielle, qui est avant tout une révolution énergétique datant de la seconde moitié du XIXe siècle. » Mais comment donner envie de déconsommer ? C’est l’écueil principal pour les décroissants : ne pas s’enfermer dans la caricature de dangereux néoruraux, anti-frigo et pro-lampe à huile. Rendre attractif un mot négatif. Et convaincre qu’il peut concerner tout le monde, et pas que les bobos écolos. « L’écologie ne doit pas se cantonner à l’économie, dit Patrick Viveret. Il faut aussi s’interroger sur une réorientation radicale de nos vies. Nos sociétés sont profondément toxicomanes, et compensent un vide idéologique et spirituel par l’argent et les possessions matérielles. Mais pour se désintoxiquer, il faut le vouloir. Et donc se laisser convaincre que ce défi écologique peut être l’occasion d’un saut qualitatif, en termes de mieux-être. » En attendant, le journal du mouvement, La Décroissance, affiche son sous-titre : le journal de la joie de vivre. Weronika Zarachowicz Hungry Planet, What the world eats, éd. Ten Speed Press, 287 p., env. 32 €. A lire Le Mésusage, Essai sur l’hypercapitalisme, de Paul Ariès, éd. Parangon, 176 p., 10 €. Le Pari de la décroissance, de Serge Latouche, éd. Fayard, 302 p., 19 €. Revue Entropia, no 1, automne 2006, éd. Parangon, 224 p., 15 €. La Décroissance pour tous, de Nicolas Ridoux, éd. Parangon, 160 p., 8 €. L’Antimondialisation, Aspects méconnus d’une nébuleuse, de Jean Jacob, éd. Berg International, 244 p., 18 €. La Décroissance, Entropie, écologie, économie, de Nicholas Georgescu-Roegen, éd. Sang de la Terre, nouvelle éd. 2006, 304 p., 23 €. Comment les riches détruisent la planète, d’Hervé Kempf, éd. du Seuil, 148 p., 14 €. Les Contre-réactionnaires, Le progressisme entre illusion et imposture, de Pierre-André Taguieff, éd. Denoël, à paraître le 8 mars. A voir Volem rien foutre al païs, documentaire de Pierre Carles sur les réfractaires au travail et à la société de consommation, sort en salles le 7 mars.

Weronika Zarachowicz                           

Télérama n° 2981

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06 octobre 2008

Entropia

Revue d’étude théorique et politique de la décroissance

   

Entropia n°4

Entropia n°4

Décroissance et utopie -Collectif - 224 pages - ISBN 978-2-84190-180-7-15 €

Rouvrir le dossier de l’utopie dans la revue d’étude théorique et politique de la décroissance était à la fois inévitable et risqué. Inévitable, tant le mot d’utopie est celui qui saute à l’esprit quand on parle de décroissance face à une opinion publique droguée par la croissance économique à tout prix. Risqué, car l’appréciation commune vis-à-vis de tout ce qui pourrait, de près ou de loin, s’apparenter aux « utopies assassines » du siècle précédent est une aversion plus que justifiée.
Peut-il y avoir de pensée libre sans risques ? L’utopie, il y a tant d’interprétations possibles de son sens et de sa fonction. Les auteurs des textes rassemblés ici ne cachent pas les ambiguïtés et les oppositions de conceptions que ce seul mot leur inspire.
Pour ceux qui l’assimilent au rêve et au projet social et politique d’émancipation humaine, l’utopie est un horizon qui s’éloigne quand on l’approche, mais qui sert à avancer, pour peu que l’on se garde des tentations totalitaires dont elle pourrait accoucher. Pour certains, ces attirances désastreuses sont inévitables et l’idée de décroissance doit abandonner l’horizon utopique pour investir le réel en acceptant les limites humaines, d’autant plus que ce tropisme ne serait pas partagé par toutes les sociétés et correspondrait à une occidentalisation du monde à l’œuvre depuis l’invention du monothéisme… Pour d’autres enfin, s’il est encore loisible de stimuler son imaginaire chez Thomas More, Rabelais, Fourier ou d’autres encore, l’impérieux défi de notre temps est ailleurs. Face à l’inimaginable pressenti dans ce qui s’annonce pour la planète et ses habitants, n’est-il pas de refuser, d’abord, toute fatalité, puis d’être attentif, sinon de participer, aux frémissements perceptibles d’un retournement possible de perspective théorique et politique dont l’imaginaire de la décroissance serait porteur désormais ? Refuser la vie mutilée, l’injustice grandissante et le désert qui croît, n’est pas une utopie.

Parangon/Vs


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28 septembre 2008

Les Ecotartufes : faites vous un avis !


Les éco-Tartuffe - Nicolas HULOT
par mattlouf

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16 juillet 2008

« Les écotartufes »

Les écotartufes, dossier de Casseurs de pub, sort en kiosque le 15 juillet 2008.

Qui va sauver la planète ?

En tous cas, certainement pas les idées partageuses des « objecteurs de croissance », ou bien celles de ces écologistes à l’ancienne mode prônant la sobriété matérielle ! Et encore moins celles de quelques poètes humanistes révoltés face aux atteintes à la beauté du monde. Certes, ceux-là nous ont mis en garde depuis bien longtemps sur la survenue de la crise écologique actuelle, mais, c’est bien connu, ils veulent nous faire retourner dans les grottes habillés de peaux de bêtes, nous éclairant aux bougies de graisse de mammouth (dans le meilleur des cas) ! Non, soyons sérieux, et réalistes, les personnalités extraordinaires qui vont sauver la nature, et sans que nous ayons à descendre de nos automobiles, ce sont Paris Hilton, François Pinault, Miss France, Alain Juppé, Léornado di Caprio, Luc Besson, Yann Arthus-Bertrand, Jean-Marc Sylvestre ou encore l’immense philosophe Luc Ferry. Car par ces temps d’effondrement de la biodiversité, une espèce, e lle, prolifère en suivant la courbe de l’explosion des cours du pétrole : ce sont les écotartufes. Convertis de fraîche date à une écologie bien particulière, ils envahissent les médias dominants. Fini l’écologie à papa ! Ces Adeptes du génial « développement durable » nous promettent que le sauvetage de la Terre est d’abord une merveilleuse opportunité de donner un nouveau souffle à la société de consommation, à la marchandisation du monde, à la Croissance et à TF1. Ils sont un reflet éclairant de notre merveilleuse époque.
Découvrez-les dans le dernier dossier de Casseurs de pub,  « Les écotartufes », en kiosque, en France (de Besançon à Tahiti), en Belgique, au Canada, en Suisse francophones et en Allemagne, à partir du 15 juillet 2008.
4 euros, 76 pages
http://www.casseursdepub.org/


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21 juin 2008

"croissance économique permanente" : stop, changeons de paradigme ...

Développement économique soutenable

n'est pas croissance économique soutenable

Un article fouillé et documenté de Jean Marie Harribey,
Maître de conférences à l’université Bordeaux-IV, membre du conseil scientifique d’Attac,
lu sur le site de P. Ratcliffe

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Selon Serge Latouche le "développement durable" est un oxymoron :
qu'en pensez vous ?
postez vos commentaires ci-après


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